Des nanoparticules cachées dans des bonbons ou du dentifrice ? L’UFC-Que Choisir porte plainte, les réponses de Mars et Casino

DirectLCI
ATTAQUE – L’UFC-Que Choisir annonce mardi avoir porté plainte contre neuf fabricants, accusés de "non-respect de l’obligation légale de signalement sur l’emballage". Une offensive judiciaire qui fait suite à la détection de nanoparticules dans 16 produits alimentaires et cosmétiques récemment testés par l’association.

Les autorités sont sommées d’agir. UFC-Que Choisir annonce ce mardi avoir déposé neuf plaintes contre des fabricants de produits alimentaires et cosmétiques après que des nanoparticules ont été détectées dans 16 produits récemment testés. "Cette présence est passée sous silence en totale infraction avec la réglementation", estime l’association, qui entend faire condamner les marques pour "non-respect de l’obligation légale de signalement sur l’emballage".


"8 aliments et cosmétiques analysés sur 10 contenant des nanoparticules ne le signalent pas", souligne l’UFC-Que Choisir. Sur sa "liste noire" : les "M&M’s Peanuts", le déodorant "Sanex Natur 48h", le dentifrice "Aquafresh triple protection + blancheur", la soupe "Poule au pot" de Casino (déshydratée), des épices "Ducros Mélange malin italien", du cappuccino instantané Maxwell House, de la crème solaire Lavera "100 % minérale SPF 30", du stick à lèvres nourrissant Avène "Cold cream", ou encore du gloss "effet 3D - 33 brun poetic" de Bourjois.

Des obligations qui datent pourtant de 2013 et 2014

"Compte tenu des incertitudes scientifiques autour de l’impact sanitaire et environnemental des nano[particules] (…) il n’est pas admissible que leur présence soit plus longtemps dissimulée", fait valoir l’association, rappelant que de telles infractions ont déjà été relevées par le passé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Et d’ajouter : "D’autant que l’obligation légale d’étiquetage date de… 2013 pour les cosmétiques et 2014 pour l’alimentaire !"


Il faut dire que les doutes sont nombreux quant aux nanoparticules et leur impact, tant sur la santé que l’environnement. "Très récemment plusieurs autorités ont publié des études inquiétantes à leur sujet, plus particulièrement sur le dioxyde de titane", dit encore l’UFC-Que Choisir, citant les travaux de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) qui avaient démontré la dangerosité probable – dont l’aspect potentiellement cancérogène – des nanoparticules. 

En vidéo

Santé : des nanoparticules de titane cancérigènes dans des produits de la vie quotidienne

Un additif polémique en cours de suppression d'un produit Casino

Mars et Casino ont tout deux répondu aux plaintes déposées par l'UFC. Des démarches sont en cours pour supprimer les substances polémiques. "Casino a déjà engagé depuis mai 2017 une démarche conjointe avec son fournisseur pour supprimer complètement l’ingrédient de cette recette. Cet additif a d’ailleurs déjà été supprimé en tant qu’ingrédient. Le travail se poursuit avec le fournisseur pour supprimer cet additif encore présent dans l’arôme." Le groupe de disribution assure que le retrait de cet additif sera effectif "dans les prochaines semaines", sans donner de date précise.  "Nous ne faisons plus fabriquer à notre marque Casino de produits alimentaires contenant du TiO2 (buches glacées, compléments alimentaires…)", assure encore la marque à LCI.


Du côté de Mars, le producteurs de confiserie reconnait, lui aussi, l'existence de Diowyde de Titane dans certains produits tout en assurant que l'abandon de cette substance est en cours. "Le plan de transition de sortie du TiO2 est notre priorité", promet la marque sans donner de d'échéance.  

La liste des fabricants visés par les plaintes de l’UFC-Que Choisir : Groupe Casino, JDE, Mars Chocolat France, McCormick, Colgate-Palmolive, Lavera, Avène, Coty et GlaxoSmithKline.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter