Deux auxiliaires de vie accusées d'avoir escroqué une millionnaire

Deux auxiliaires de vie accusées d'avoir escroqué une millionnaire

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ABUS - Deux sœurs, employées chez une vieille dame millionnaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), sont suspectées d'avoir fait fortune en lui soutirant plus de 980.000 euros. Une escroquerie qui durait depuis 2010.

Elles se seraient fait près d'un million d'euros sur le dos d'une vieille dame fortunée. Deux auxiliaires de vie font aujourd'hui l'objet d'une enquête pour abus de faiblesse. Deux sœurs de 55 et 58 ans "qui avaient un train de vie digne d'un chef d'entreprise", confie une source proche du dossier. Voyage à New York, appartement dans les beaux quartiers de Paris, école privée pour les enfants, voiture de luxe pour les adultes… les femmes modestes de la banlieue rouennaise avaient le portefeuille généreux.

C'est le conseiller en patrimoine de la riche octogénaire, résidant à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), qui a donné l'alerte en septembre dernier, s'étonnant de voir les comptes de sa cliente, jusque-là bien fournis, virer au rouge. La brigade financière de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) est alors saisie. L'affaire, révélée par le journal Paris-Normandie, débute en 2010, lorsque la cadette rencontre la veuve aux millions d'euros via la société d'aide à domicile pour laquelle elle travaille. Rapidement, elle souscrit directement un contrat personnel avec elle et prend soin d'en rédiger les conditions : 90 heures par semaine à 16 euros de l'heure. Et au vu de la charge de travail, elle fait embaucher son aînée.

"Des cadeaux et des dons volontaires"

Peu à peu, les chèques emploi service se transforment en chèques à plusieurs chiffres. En trois ans, le montant spolié est estimé à 980.000 euros. "Des dons" de leur ex-patronne, se défendent les deux employées lors de leur garde à vue en avril. Les enquêteurs découvrent même que la dame fortunée était sur le point de déshériter ses enfants. Les "auxiliaires de vie" ont-elles un lien avec ce changement de testament ? L'expertise médicale devra en tout cas "permettre de démontrer qu'il y a eu abus de faiblesse au moment où les contrats ont été signés", avance le procureur de la République, Jean-François Bonhert, qui dit vouloir agir avec "beaucoup de doigté car dans ce genre d'affaire, les tribunaux correctionnels prononcent souvent la relaxe", à défaut de conclusions convaincantes.

Mais les charges qui pèsent contre les sœurs sont lourdes. La vieille dame ne serait en effet pas la seule a avoir fait les frais du duo infernal. L'une des suspectes, déjà connue des services de police pour des faits similaires, est soupçonnée d'escroquerie à l'assurance maladie. Parallèlement à son travail grassement payé, elle prétendait être en arrêt et percevait des indemnités journalières. Un préjudice estimé à 50.000 euros. Enfin, depuis septembre et la découverte du pot-aux-roses, les femmes vénales touchaient des indemnités de chômage. Pôle Emploi et la Sécurité sociale ont porté plainte.
 

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