Deux femelles lâchées : combien y a-t-il d'ours dans les Pyrénées ?

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ANIMAUX - En septembre, le nouveau ministre de la Transition écologique François de Rugy avait annoncé que deux ourses slovènes allaient être lâchées "d'ici début octobre" dans les Pyrénées occidentales, réactivant la querelle entre éleveurs et ONG.

Il l'avait annoncé très peu de temps après son arrivé au ministère de la Transition écologique. Le 20 septembre dernier François de Rugy a pris une décision qui ne plait pas à tout le monde : le ministre a fait savoir que deux ourses slovènes allaient être lâchées "d'ici début octobre" dans les Pyrénées occidentales. Jeudi 4 octobre c'est chose faite et cela porte à une cinquantaine le nombre de spécimens dans la totalité des Pyrénées.


L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) avait recensé, en 2017, au moins 43 ours dans la totalité des Pyrénées. La partie occidentale, où ont été lâchées les deux ourses, ne comptait que deux mâles. La partie orientale compte 41 ours, dont 9 à 10 femelles susceptibles de donner naissance à 6 à 10 oursons en 2018. Il est donc possible que la population totale du massif des Pyrénées avoisine cet automne 50 individus.

En Septembre, la décision prise par le ministre de l'écologie a provoqué la colère d'élus et d'acteurs locaux, dont beaucoup ont claqué la porte d'une réunion à la préfecture de Pau. Les ONG pro-ours ont quant à elles salué la décision du ministre.  


Au moment de l'annonce en septembre, dans le village d'Asasp-Arros,  à 40 km de Pau, 200 éleveurs et bergers ayant refusé de rencontrer le successeurs de Nicolas Hulot se sont rassemblés pour annoncer leur refus "par tous les moyens" de la réintroduction des ours. "A quoi bon discuter puisque la décision est déjà prise", a affirmé Etienne Serna, maire d'Aramits (Pyrénées-Atlantiques) et porte-parole d'un collectif de maires locaux anti-ours

On ne veut pas de prédateurs, et on les enlèveraOlivier Maurin

"On veut protéger nos troupeaux, donc c'est ce qu'on fera", a lancé Olivier Maurin, éleveur président de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (ADDIP). "On ne veut pas de prédateurs, et on les enlèvera", a-t-il ajouté en estimant qu'"on nous passe par-dessus, on nous écrase. On se fout de l'avis des maires, des élus, des éleveurs, des gens qui vivent sur le territoire". Au cours de ce rassemblement, des manifestants ont pendu un gros ours en peluche, avec la mention "Wanted, mort ou édenté", et ont mis en évidence quatre fusils sur une table, alors que des barrages de gendarmes fouillaient les véhicules sur les accès routiers au village.


"Beaucoup d'élus sont hostiles", a commenté François de Rugy après sa réunion à Pau, "à un moment donné, il faut décider, c'est ce que j'ai fait. Je ne me dérobe pas, je viens les entendre en face et je continuerai cette journée dans le Béarn". Le ministre devait en effet visiter dans l'après-midi un pâturage de montagne d'été pour les troupeaux, appelé "estive". "Je crois au dialogue. Si on attend, on ne décide jamais rien", a-t-il ajouté, en estimant qu'il fallait "sortir de l'enlisement".

L'ours tuerait 200 brebis par an sur 600.000 bêtes, selon l'association Ferus

Pour le WWF (Fonds mondial pour la nature), ce projet de réintroduction de deux ourses - qui s'inscrit dans le cadre d'un "plan ours" publié en mai et lancé par Nicolas Hulot - représente "un signal fort de la volonté du gouvernement d'enrayer la disparition du vivant sur le territoire français". Cette réintroduction devra être faite "en accompagnant les éleveurs" et "des pratiques de gardiennage avec des chiens de protection", a pour sa part indiqué à l'AFP Jean-David Abel de la FNE (France Nature Environnement), rappelant que l'ours "est d'abord omnivore".


Sabine Matraire, de l'association Ferus, se réjouit également de cette annonce, et a indiqué que l'ours serait responsable de la perte d'environ 200 brebis par an dans les Pyrénées, sur une population totale de 600.000 brebis. Elle ajoute que les pertes annuelles moyennes, toutes causes confondues, sont de l'ordre de 10 à 15% en estive en absence d'un berger.

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