Dieudonné : les autorités peuvent-elles faire fermer le théâtre de la Main d'Or ?

Dieudonné : les autorités peuvent-elles faire fermer le théâtre de la Main d'Or ?

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POLEMIQUE - Anne Hidalgo s'est prononcée dimanche pour la fermeture du théâtre de la Main d'Or, QG de Dieudonné. Bertrand Delanoë considère de son côté que ce sont les spectacles de l'humoriste controversé qui doivent être interdits.

C'est le théâtre de la polémique. Niché dans un petit passage du XIe arrondissement, l'établissement parisien de la Main d'Or n'aura jamais fait autant parler de lui que ces dernières semaines. C'est entre ses murs décorés de photos de quenelles que Dieudonné repousse les limites de la provocation. Un QG que certains de ses détracteurs, à l'instar d'Anne Hidalgo, aimeraient voir disparaître. "Il est temps de mettre un terme, par toutes les voies de droit possible, à sa propagande dangereuse pour notre démocratie, déclare dans le JDD la candidate à la Mairie de Paris à propos de l'humoriste controversé. Je suis favorable à l'interdiction de son spectacle et à la fermeture de son théâtre."

Sauf que l'objet du scandale, dont Dieudonné M’bala M’bala est simple locataire, est un lieu privé. Et ne reçoit, de surcroît, aucune subvention municipale. Une situation qui rend impossible quelconque immixtion au niveau local, de l'aveu même de la socialiste : "La Mairie de Paris n'a pas de pouvoir particulier en la matière, hormis la parole des élus et celle du maire. Nous n'avons pas le pouvoir de police et ne pouvons que soutenir les démarches de Manuel Valls et Christiane Taubira."

"On n'est plus dans le spectacle mais dans le meeting"

Interrogé dans le même journal sur une éventuelle fermeture, le ministre de l'Intérieur répond de son côté par un énigmatique "nous travaillons sur le dossier". Manuel Valls préfère mettre l'accent sur l'interdiction des spectacles. "Dieudonné est profondément antijuif. Contre lui, il faut mener un combat politique de mobilisation de la société. (…) On n'est plus dans le spectacle, on est dans le meeting. J'enverrai une circulaire aux préfets en début de semaine, on veut être efficace dès les premiers spectacles", prévient l'hôte de la place Beauvau. Cette circulaire devrait inviter les hauts fonctionnaires à évaluer le risque de trouble à l'ordre public provoqué par sa venue, seul argument susceptible de faire vaciller le principe fondamental de liberté d'expression. Mais jusqu'à présent, la justice ne l'a jamais déclaré persona non grata sur scène.

Dans la lignée de Manuel Valls, Bertrand Delanoë préfère prôner une interdiction des shows de celui qu'il qualifie sur Europe 1 de "criminel" : "Un théâtre, il vit. C'est un théâtre privé, il n'a aucune subvention ni de l'Etat, ni de la Ville de Paris. En revanche, si ce spectacle devait être produit dans ce théâtre, je demanderai au préfet de police qui en a la responsabilité à Paris de l'interdire avec mon soutien". Le comique s'y est justement produit jeudi dernier et il continuera à le faire jusqu'au mois de juin 2014. Un festival de blagues antisémites, qui au grand dam des autorités, fait salle comble.

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