Emploi : les CV des femmes et des hommes désormais (presque) accueillis de la même manière

ILLUSTRATION

DÉCRYPTAGE - Un rapport de la Dares, rendu public mardi, dresse un état des lieux des inégalités entre les hommes et les femmes lors du processus d'embauche. Si le fossé tend à se résorber, certaines disparités persistent.

Un motif d'optimisme. Selon une enquête* de la Dares publiée cette semaine, les différences de traitement entre hommes et femmes sur le marché du travail continuent de reculer. Ainsi, si ces inégalités de genre demeurent un "trait marquant du marché du travail", elles deviennent de moins en moins prégnantes.

La Dares estime que la discrimination entre hommes et femmes a presque disparu au stade du CV. "Les candidatures féminines et masculines portant un prénom d’origine française ont globalement reçu le même accueil de la part des employeurs", indique la Direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques. Ainsi, sur l'ensemble des candidatures "tests" de femmes envoyées, 33,4% ont été rappelées, 17,5% ont essuyé un refus et 49% n'ont pas eu de réponse. Des statistiques très proches de celles chez les hommes : 33,2% des candidats ont été rappelés, 16,6% ont fait face à un refus et 50,2% n'ont pas eu de réponse de la part de l'employeur. "On ne constate pas d’écarts significatifs selon le sexe suggéré par le prénom des candidats. Ainsi, sur l’ensemble des candidatures envoyées, il n’y a pas d’inégalité de traitement significative entre les candidatures féminines et masculines", relève le rapport. 

Peu d'impact de la situation familiale

Parallèlement, le service statistique du ministère du Travail ne relève pas de différence saillante en s'axant sur le critère du degré de féminisation des métiers. Dans les professions masculinisées, le taux de rappel des candidatures féminines est de 39%, contre 38,3% pour les CV masculins. Inversement, les hommes sont presque autant rappelés (21,9%) que les femmes (22,3%) dans les métiers plus féminisés.

Autre constat, presque une anomalie selon la Dares, l'indication d'informations matrimoniales ou parentales sur le curriculum vitae des candidats n'aurait pas d'effet notable - positif ou négatif - sur leurs chances d'être contactés par un recruteur. Petit bémol toutefois  : les candidates sortant d'une période d'inactivité et qui se disent en couple avec deux enfants ont seulement 25,4% d'être recontactées. Un chiffre bien inférieur à celui des hommes dans la même situation familiale (34%). 

Des résultats hétérogènes en fonction des qualifications

En revanche, des disparités apparaissent lorsque l'on se penche plus avant sur le processus de recrutement en fonction des secteurs. Les taux de rappels entre hommes et femmes peuvent varier, parfois drastiquement, en fonction des métiers auxquels les candidat(e)s postulent. 30,3% des femmes sont rappelées lors des embauches pour des métiers peu qualifiées (contre 35,6% pour les hommes). Cette tendance s'inverse néanmoins pour les métiers de cadres encadrants où les femmes semblent favorisées par rapport aux hommes (28,5%, contre 20,4%).

À noter que toutes ces tendances sont à relativiser puisqu'elles ne s'appuient que sur des informations récoltées lors de la première phase de recrutement : l'envoi de CV. Le service statistique du ministère du Travail le reconnaît d'ailleurs facilement : la méthode employée "ne mesure que les chances d’être contacté par un employeur ou convié à un entretien d’embauche. Il est possible que les employeurs utilisent ensuite l’entretien d’embauche pour cerner la situation individuelle et la motivation des candidats [...] Il n’est donc pas exclu qu’à l’étape de l’entretien, la situation parentale ou la probabilité d’avoir des enfants dans un futur proche jouent sur les chances de recrutement, au détriment des candidates", souligne la Dares. 

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*Lors de son enquête, les services de la Dares ont envoyé 4800 CV fictifs (2400 candidatures féminines, 2400 candidatures masculines) en réponse à 240 offres d’emploi dans 11 métiers différents. Plusieurs critères ont été pris en compte : le niveau de qualification requis, le degré de féminisation du métier et les difficultés de recrutement auxquels les employeurs sont confrontés. Pour étudier uniquement l'impact du genre - et non celui des prénoms d'origine étrangère - tous les faux CV ont été rédigés avec des noms et prénoms d'origine française.

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