Discriminations : de l'assurance auto à la mutuelle, l'enquête de SOS Racisme qui révèle l'ampleur du phénomène

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SOCIÉTÉ - Près de 15.000 demandes ont été envoyées par SOS Racisme en partenariat avec le CNRS dans sept secteurs, allant de l'achat de voitures d'occasion au crédit à la consommation en passant par la complémentaire santé. Verdict ? Des inégalités de traitement, selon l'origine et l'âge.

"On ne s'attendait pas à trouver autant d'inégalités de traitement entre les candidats." Selon Yannick L'Horty, l'un des auteurs d'une étude de SOS Racisme en partenariat avec le CNRS, les discriminations sont bien implantées en France. En témoigne les résultats, dévoilés ce jeudi par France Info.


La méthodologie est simple : les chercheurs ont créé six profils différents. Par exemple un homme de 22 ans "d'origine française", ou un homme de 22 ans d'origine française résidant dans un "quartier 'politique de la ville'". Tous ont présenté les mêmes dossiers aux organismes testés, pratiquant ainsi la méthode du "testing". Au total, près de 15.000 demandes ont été envoyées par le CNRS à des opérateurs dans sept secteurs. En voici quelques enseignements. 

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Une forte discrimination pour les assurances automobiles

Au total, 38 sociétés d'assurance ont été démarchées, soit 228 demandes. L'étude révèle que, selon qu'on habite ou non dans un "quartier politique de la ville", autrement dit un quartier sensible, et ce, peu importe l'ascendance du profil testé, les réponses ne sont pas les mêmes. 78,9% pour l'habitant du quartier "politique de la ville", 86,8% pour l'autre.

Une discrimination qui touche au portefeuille

L'enquête montre que, selon le profil, les tarifs évoluent fortement. Par exemple pour une complémentaire santé : 52 établissements ont été testés, avec 312 demandes envoyées. Verdict ? Plus on est âgé, plus la facture grimpe. "L'individu de 42 ans se voit proposer un tarif de l'ordre de 50% plus élevé que les individus de 22 ans à niveau de garantie comparable", précise l'étude. Pour un niveau de garantie basique, un homme de 42 ans devra payer 460 euros contre 290 euros pour un homme ou une femme âgés de 22 ans. Même chose pour les assurances automobiles, où s'applique une forme de double peine : le jeune homme originaire des quartiers se voit offrir un tarif annuel moyen de 681,40 euros contre 621,20 euros pour un jeune homme du même âge qui réside ailleurs.

Une discrimination pour les jeunes et le crédit à la consommation

Avec 20 établissements financiers testés, on constate que l'individu le plus âgé est avantagé. "Il obtient un taux de 65% de réponses positives, contre 30 à 40% pour des personnes plus jeunes", précise France Info. 

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