Disparition d'Estelle Mouzin : onze ans après, un témoignage troublant

Disparition d'Estelle Mouzin : onze ans après, un témoignage troublant

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ENQUETE - Onze ans après la disparition d'Estelle Mouzin, un ancien agent de voirie de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) livre un témoignage inédit sur le comportement étrange d'un de ses anciens collègues. Décrit comme "violent et ingérable", il aurait été aperçu près d'une benne à ordures le soir du drame.

C'était il y a onze ans jour pour jour. Sur le chemin retour de l'école, à Guermantes (Seine-et-Marne), Estelle Mouzin se volatilisait. Elle avait neuf ans. Depuis, chaque anniversaire de sa disparition apporte son lot de rebondissements. Cette année ne déroge pas à la règle. Selon Le Parisien, un nouveau témoignage pourrait en effet relancer l'enquête. Celui de Jean-Claude Petit, ancien agent de la mairie de Bussy-Saint-Georges, ville limitrophe de Guermantes.

L'homme, aujourd'hui retraité dans le bordelais, a eu un déclic après avoir regardé une émission sur l'affaire. Le soir où la fillette a disparu, il neigeait et l'un de ses collègues d'astreinte, qui a salé les rues jusqu'à 2 heures du matin, lui aurait confié avoir vu "Seddik M. traîner près d'une benne à ordures de la Jonchère", là où la ville stocke le sel. Or, cet agent réputé "ingérable", "violent", et "ne se gênant pas pour lancer des menaces sexuelles à l'adresse des collègues femmes" n'était pas d'astreinte ce soir-là.

Un véhicule suspect

"Mais il y a autre chose", poursuit Jean-Claude Petit dans le journal. Le lundi suivant, un autre de ses collègues lui a raconté que "sa camionnette avait fait 800 km durant le week-end" et qu'"un ticket de sortie d'autoroute au Havre" avait été retrouvé. De quoi interpeller les enquêteurs qui depuis onze ans cherchent une camionnette blanche, signalée par une collégienne le jour de la disparition.

Ce témoignage est néanmoins nuancé par l'ancien chauffeur de ce "Renault Express". Joint par le journal, il explique en effet que ce n'est pas ce véhicule qui a mystérieusement été emprunté "mais un fourgon des espaces verts de marque Iveco dans lequel on a retrouvé non pas un ticket d'autoroute mais un billet de ferry pour l'Angleterre". Il assure également que la date de sortie de cette voiture ne correspond pas à celle de la disparition d'Estelle. Les vérifications de ces nouveaux éléments devraient s'avérer difficiles : le véhicule en question a été vendu depuis longtemps et le dénommé Seddik M. s'est pendu en 2009, après avoir été visé par une procédure disciplinaire. Mais pour les avocats de la famille d'Estelle, comme pour les enquêteurs, "il est important de vérifier cette piste pour la confirmer ou la démentir".

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