DOCUMENT RARE (2/3) - Centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale : paroles de poilus

Société
DOCUMENT - Ils ne sont plus là pour témoigner. Mais heureusement, les archives des journaux télévisés gardent de nombreuses traces des paroles de ceux que l'on appelaient les Poilus, les combattants de la Première guerre mondiale. Dans quel état d'esprit étaient-ils au moment de partir au combat en 1914, avaient-ils peur avant de partir à l'assaut... voici quelques-uns de leurs témoignages, simples et touchants.

S'ils vivaient encore, les plus jeunes d'entre eux auraient 117 ou 118 ans aujourd'hui. Mais les derniers poilus ont tiré leur révérence il y a quelques années.  Mais depuis 25 ans, les équipes de TF1 ont eu la chance d'interviewer ces anciens combattants. Leur parole résonne à nos oreilles comme une part de notre patrimoine, de notre mémoire.  

"J'étais dans les champs. Les cloches se sont mises à sonner. On s'est dit : " C'est parti ! ", raconte Henry Maury, ancien combattant de la première guerre mondiale.  "On est parti en chantant", poursuit Albert Masson qui explique que rien ni personne n'aurait pu le dissuader d'aller se battre. Car, comme l'explique un autre d'entre eux, Maurice Floquet : " On pensait que ça ne durerait pas longtemps. On ne pensait pas être tués. On était optimistes". 

Celui qui n'a pas eu peur à la guerre n'existe pas. On tremblait. Maurice Bourgeois, ancien combattant

Mais la désillusion est rapide pour ceux que l'on envoie au champ de bataille avec l'équipement de la guerre de Prusse : "On nous envoyait à l'abattoir. On était à la merci des galonnés. Des chefs, pour avoir du galon ou pour se faire connaître, ils faisaient des attaques. Ils faisaient attaquer. Ils ne regardaient pas s'il y en avait qui tombaient", rapporte Louis de Cazenave. 

De très jeunes gens pas du tout préparés à ce qui les attendaient : "J'avais la frousse. J'étais craintif. Je tremblotais. Je n'avais pas 19 ans", rapporte Albert Masson. 


 "J'ai vu l'obus éclater. J'ai vu la flamme et puis je suis tombé en arrière. J'ai crié : "Oh ! Maman !" Je suis tombé et je ne peux pas dire combien de temps je suis resté par terre ", admet humblement Camille Chevalier. 

Et rapidement, le traumatisme de voir les copains tomber : "Il y avait des gars qui étaient en train de mourir, qui appelaient leur mère. On ne pouvait rien faire pour eux", se souvient Léon Weil. Et si certains affirment n'avoir jamais eu peur, Maurice Bourgeois affirme que "celui qui n'a pas eu peur à la guerre n'existe pas. On tremblait. Mais ça n'empêchait pas d'aller où on devait aller". Des paroles simples mais qui témoignent d'une époque qui a profondément et durablement marqué l'histoire de France. 

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Centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale

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