Don de spermatozoïdes : on vous aide à démêler le vrai du faux

Don de spermatozoïdes : on vous aide à démêler le vrai du faux

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BIOMÉDECINE - Alors que l'agence de la biomédecine lance une nouvelle campagne afin d'attirer des donneurs de gamètes et d'alerter sur la pénurie qui s'installe, on vous aide à démêler le vrai du faux autour du don de sperme. Un sujet propice aux idées reçues.

"Devenez donneur de bonheur." Voilà comment l'agence de la biomédecine tente d'inciter des hommes et des femmes à devenir donneurs de gamètes, depuis le 2 novembre dernier via une plateforme en ligne. Le but de cette campagne : éviter la pénurie de dons de sperme et d'ovocytes qui permettent, via la procréation médicalement assistée (PMA), à des couples infertiles de devenir parents. 


Car les derniers chiffres en la matière ne sont guère encourageants. Selon l'agence de biomédecine, il faudrait 1.400 donneuses supplémentaires d'ovocytes et 300 donneurs de spermatozoïdes afin de combler les demandes. En 2015, elles sont 540 femmes à avoir fait don d'ovocytes et 255 hommes à être devenus donneurs de sperme. Mais, en parallèle, ce sont 3.500 couples qui viennent rejoindre la liste d'attente chaque année. Sur LCI ce vendredi 3 novembre, nous nous intéressons aux idées reçues sur le don de sperme. Et vous aidons à trier le vrai, du faux : 

L'identité du donneur n'est pas révélée

VRAI 

Le don de sperme en France est encadré par la loi de bioéthique. Il répond ainsi à trois impératifs, parmi lesquels figure l'anonymat le plus complet du donneur.  Très concrètement, l'enfant né d'un don de gamètes ne pourra connaître l'identité du donneur, et inversement. Par ailleurs, il faut savoir que le nombre de naissances issu du don d'un même donneur est limité à dix.  

Le don de sperme n'est pas rémunéré

VRAI

C'est un autre principe de la loi de bioéthique : le don de sperme est gratuit. Le donneur ne peut pas être rémunéré mais les frais qui peuvent être occasionnés par le don sont pris en charge. 

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Le consentement du conjoint ou de la conjointe est demandé

VRAI

D'abord, le donneur de sperme doit signer un formulaire établissant son propre consentement : c'est le troisième et dernier impératif qui encadre le don de sperme dans la loi. Mais si ce dernier vit en couple, son conjoint ou sa conjointe doit également donner son accord afin que la procédure soit enclenchée. 

Un homme peut donner son sperme à n'importe quel âge

FAUX

Le donneur de sperme doit avoir entre 18 et 45 ans. En comparaison, concernant les femmes qui veulent faire un don d'ovocytes, celles-ci peuvent le faire de leur majorité jusqu'à l'âge de 37 ans. 

Il faut avoir eu un enfant avant de devenir donneur

FAUX... depuis octobre 2015

Avant cette date, il était impossible pour une personne n'ayant pas procréé de donner son sperme. Mais en 2015, un décret du ministère de la Santé a ouvert le don de gamètes aux adultes sans enfants. 


Toutefois, si le donneur n'a pas d'enfant, il peut conserver une partie de ses spermatozoïdes. Le site explicatif de l'agence de la biomédecine précise qu'il s'agit "d'une mesure de précaution dans le cas où sa fertilité serait ultérieurement compromise et conduirait à un recours à l'assistance médicale à la procréation". 

Un seul rendez-vous suffit

FAUX

Pour devenir un donneur de sperme, il ne suffit pas de remplir un petit gobelet. La procédure comporte en réalité plusieurs étapes. Après avoir assisté à un rendez-vous d'information et signé un formulaire de consentement, le donneur doit se plier à plusieurs examens médicaux. Le but, déterminer le groupe sanguin, la présence éventuelle d'hépatites et faire un caryotype (c'est-à-dire une prise de vue microscopique des chromosomes)


Ensuite, un entretien avec un psychologue est nécessaire dans le cadre de la démarche d'un don de sperme. Ce n'est qu'après ces différentes étapes que vient le moment du recueil, puis de la congélation. 

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