Jungle de Calais : un "démentèlement rapide" promis, les syndicats de routiers appellent à la lever du blocage

Société
MANIFESTATION - A l'issue d'une réunion avec la préfète du Pas-de-Calais, le président de la fédération régionale du  transport routier a appelé lundi les routiers à lever les  barrages dressés à la mi-journée sur l'autoroute A-16, à Calais.

Le leader syndical David Sagnard a appelé lundi les routiers à lever les  barrages dressés à la mi-journée sur l'autoroute A-16, à Calais. Après une réunion-marathon avec la préfète du Pas-de-Calais Fabienne  Buccio, le président de la fédération régionale du  transport indique avoir eu  "la confirmation d'un démantèlement rapide de la Jungle",  a-t-il souligné, précisant que "la date n'est pas déterminée car il y a des  questions sécuritaires". 


Toutefois, sur place, des routiers et des employés du port ont exprimé leur  désaccord avec ce point de vue, laissant planer une incertitude sur un retour rapide à la normale.


Selon les représentants des commerçants et des routiers revenus de la  réunion en sous-préfecture, la préfète a accordé un renfort supplémentaire de  deux compagnies complètes de CRS - soit quelque 200 hommes - s'ajoutant aux 200  effectifs de police et de gendarmerie supplémentaires annoncés vendredi à  Calais par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.


Elle a également promis une rencontre des professionnels avec  l'état-major des forces de l'ordre afin d'identifier les zones spécifiques où  la présence de migrants pose problème, a indiqué David Sagnard.


Autres revendications satisfaites : "une réunion hebdomadaire pour faire un  état des lieux" actualisé, et "des procédures d'indemnisation pour toutes les  corporations", venant s'ajouter à des mécanismes d'étalement des charges  existant depuis mars.


Une heure plus tôt, le secrétaire général adjoint de la FDSEA, Jean-Pierre  Clipet, qui représente une grande partie des agriculteurs participant au  blocage, avait annoncé que ses syndiqués lèveraient les  barrages, après avoir notamment obtenu de la préfète "l'assurance  d'indemnisations pour les dégâts constatés dans leurs champs".

Le réseau Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France) recommande donc aux automobilistes d'éviter le secteur de Calais.

Pour les usagers de la route, la préfecture du Nord précise que des déviations ont été mises en place pour rejoindre l'embarquement transmanche.

Une chaîne humaine a également commencé pour bloquer la circulation, comme le montrent Grand Lille TV et La Voix du Nord sur le réseau social.

Pour un démantèlement au plus tôt de la "Jungle"

"Il faut traiter au plus rapide". Pour les acteurs économiques de Calais, la double opération escargot ainsi que chaîne humaine qui ont débuté ce lundi ont pour objectif de faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir le démantèlement au plus tôt de la "Jungle", accusée de fragiliser l'économie de la région. En dépit de la récente visite du ministre de l'Intérieur et de sa promesse de démanteler le bidonville, cette opération coup de poing, la première de ce type organisée depuis le début de la crise migratoire, a été maintenue.


"Vous aimez votre ville, votre port. Vous désirez que la situation change à Calais. Malgré les annonces faites par le ministre de l'Intérieur, la sécurisation n'est pas assurée. L'urgence n'est pas traitée, nous maintenons la manifestation", a indiqué le Grand rassemblement du Calaisis sur sa page Facebook, qui se présente comme un mouvement "citoyen et apolitique".

Le déroulement des opérations

Dès 6h30, des agriculteurs et des transporteurs routiers se sont rassemblés à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et à Loon-plage (Nord), près de Dunkerque, pour mener une opération escargot jusqu’à Calais. Selon les organisateurs, près de 80 camions sont mobilisés ainsi qu'une centaine de tracteurs. "On a besoin d'une sécurisation immédiate. Si le démantèlement a lieu dans trois mois, il va y avoir de nouvelles agressions de transporteurs ou des violences sur les particuliers. Il faut traiter au plus rapide", a déclaré David Sagnard, président de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) du Pas-de-Calais.


A 9h, une chaîne humaine composée des commerçants de Calais et des employés du port devrait se former non loin de la "Jungle" de Calais. Entre 300 et 500 personnes pourraient y participer, selon Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif des entreprises et commerces du Calaisis. Vers 10h, les camions et les tracteurs, dont certains seront équipés de remorques agricoles, doivent "ramasser" les manifestants formant la chaîne humaine pour les intégrer à leur convoi qui devrait s'arrêter près de la sortie menant au tunnel sous la Manche, pour bloquer l'autoroute A16.

Les propositions de Nicolas Sarkozy

Ces actions interviennent quelques heures après la publication dans la Voix du Nord, des résolutions de Nicolas Sarkozy concernant Calais. Candidat à la primaire de droite, ce dernier a assuré que s’il était élu président, il se rendrait à Londres dès le lendemain de l’investiture pour renégocier un nouvel "accord du Touquet avec ouverture d’un hotspot", (un procédé servant à identifier, enregistrer et prendre les empreintes digitales des migrants). "C’est devenu une véritable ville à part entière, où prospèrent des échoppes et des supérettes illicites, a-t-il dénoncé. Comment ne pas comprendre l’exaspération de tous les commerçants du Calaisis qui eux respectent la loi et payent leurs impôts ?".


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