Doubs : des néonazis qui se préparaient pour le "Grand soir" mis en examen

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JUSTICE - Quatre membres présumés du groupuscule néonazi démantelé dans le Doubs ont été mis en examen, jeudi, pour association de malfaiteurs, incitation à la haine raciale et dégradations en réunion. Ils étaient soupçonnés de se préparer pour le "Grand soir".

"Nous optons pour des positions radicales, parfois solitaires et toujours dangereuses, parce que nous avons vu les échecs des anciennes méthodes". Voici l'un des nombreux messages laissés sur le site Blood & Honour C18" (Sang et honneur combat 18), un groupuscule néonazi basé dans le Doubs et mis en examen jeudi pour association de malfaiteurs et incitation à la haine raciale.

"La résistance face à cette société qui veut détruire la race blanche"

Trois de ses membres, qui avaient été interpellés mardi à Morteau (Doubs), ont été placés en détention provisoire, selon les réquisitions du procureur Jean-François Parietti. Il s'agit du meneur présumé du groupe, un homme de 33 ans déjà condamné pour des violences à caractère racial et qui porte un tatouage à l'effigie d'Adolf Hitler sur le mollet, de son frère de 28 ans et d'un homme de 43 ans. Le quatrième suspect, interpellé en Saône-et-Loire, est un jeune homme de 24 ans moins impliqué que ses trois complices. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Tous ont été mis en examen pour "dégradations en réunion" pour une série de tags racistes ou à l'effigie de leur groupe, "incitation à la haine raciale" et "association de malfaiteurs en vue de la participation à un groupe de combat", passible de 10 ans de prison.

Les propos relayés par ce groupe, qui se revendique "terroriste", sont en effet édifiants. "Le Blood and Honour Combat 18 France existe bientôt depuis 1 an. Des projets sont en préparation", peut-on lire sur leur site Internet, qui prône "la résistance face à cette société qui veut détruire la race blanche". Ils n'avaient en réalité "aucun projet d'attentat meurtrier", selon le procureur, qui souligne néanmoins la "posture inquiétante" de ces individus "imprévisibles", "plus anti-musulmans qu'antisémites", et ouvertement néonazis. "Le but opérationnel qu'ils revendiquent, c'est de se tenir prêts pour le Grand soir, quand la société s'effondrera", a-t-il expliqué. Contacté par metronews, le parquet n'a pas voulu commenter l'enquête. D'autres membres présumés de "Blood & Honour C18 France" sont encore recherchés par les enquêteurs.

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