Drame à la maternité d'Orthez : que s'est-il vraiment passé ?

Drame à la maternité d'Orthez : que s'est-il vraiment passé ?
SOCIÉTÉ

ENQUETE - L’anesthésiste mise en cause dans le décès d’une jeune femme venue accoucher à l’hôpital d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques), a été mise en examen et placée en détention provisoire ce jeudi. Elle souffre d’un problème d’alcool. L'erreur médicale est envisagée.

L'affaire commence peu à peur à s'éclaircir. Alors que l'anesthésiste belge a été placée en détention provisoire jeudi après le décès, mardi, d'une de ses patientes, victime d'un accident d'anesthésie lors de son accouchement à la maternité d 'Orthez, le maire de la commune a apporté des précisions ce vendredi matin sur RTL.

Il apparaît, au terme de l'enquête, deux séries de manquements : d'abord "les conditions dans lesquelles l'anesthésie s'est déroulée", où "l'utilisation des produits anesthésiants et de respiration artificielle semblent non conformes", a indiqué le procureur. Le deuxième manquement est lié au comportement du médecin, "qui n'était pas dans son état normal durant l'intervention".

Le médecin avait "des problèmes de réactivité"

Sans qu'il soit établi si elle était ivre au moment des faits, l'anesthésiste belge qui intervenait lors de cet accouchement a reconnu souffrir d'un "problème pathologique d'alcool". L'équipe médicale présente ce soir-là "a constaté un comportement bizarre, sans savoir à quoi il se rattachait", a indiqué le procureur, citant "des difficultés d'expression, de compréhension et des problèmes de réactivité" de la part du médecin anesthésiste.

De source proche de l'enquête, on évoque ainsi une "erreur médicale manifeste" : l'anesthésiste aurait intubé l'oesophage de la patiente au lieu de ses voies respiratoires pour tenter de la ranimer. L'une des avocates du médecin, Me Florence Hegoburu, a mis en garde contre toute "conclusion hâtive". "Ma cliente assumera ses responsabilités par rapport aux faits qu'elle a reconnus, mais elle n'est pas seule responsable, il existe des zones d'ombre que l'enquête élucidera", a-t-elle lancé.

L'hôpital voyait "défiler des gens de toutes nationalités"

"La tournure dramatique de l'événement" tient au fait "qu'il n'y avait pas d'anesthésiste de remplacement et qu'il fallait que ce soit elle qui fasse le boulot, et qu'elle était la seule à pouvoir le faire" au moment des faits, a expliqué le maire de la commune Yves Darrigrand, qui préside le conseil de surveillance de l'hôpital d'Orthez. Il a également pointé du doigt "un problème dramatique de démographie médicale" qui est "absolument catastrophique" en France. L'hôpital voyait "défiler des gens de toutes nationalités", a assuré l'élu.

L'anesthésiste belge mise en cause n'était "pas membre du personnel de l'hôpital" mais de la clinique privée voisine, a-t-il également souligné. "La maternité d'Orthez fonctionne dans une sorte de collaboration entre l'hôpital, qui gère la maternité avec une équipe de sage-femmes et des gynécologues obstétriciens, et la clinique qui loue d'une certaine manière ses anesthésistes", a expliqué le maire d'Orthez.

L'Agence régionale de santé (ARS) se prononce ce vendredi sur une éventuelle fermeture définitive de la maternité d'Orthez, en raison de ces problèmes de recrutement récurrents.

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