Dysfonctionnements en série au Samu : "Nous sommes arrivés au bout d'un système"

Dysfonctionnements en série au Samu : "Nous sommes arrivés au bout d'un système"

URGENCES - L’annuel classement des hôpitaux français du magazine "Le Point" est sorti ce mercredi. Les résultats alarment notamment sur la prise en charge des services du SAMU, dont 15 % des appels restent sans réponse. Le président de l'Association des Samu de France réagit, et dénonce un système qui n'est plus adapté au fonctionnement actuel, et qui doit changer.

Plus de 15% des appels au Samu sont restés sans réponse en 2016, c'est que révèlent les statistiques annuelles des établissements de santé, publiées par le magazine Le Point mercredi 22 août. Des chiffres en opposition aux objectifs et aux principes du Samu social, qui prévoit une marge d’1% des appels non pris en charge. 

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Si le président des Samus de France, François Braun, assure sur RTL tempère ces résultats qui prennent en compte les erreurs de numéros des patients, il reconnaît qu'il y a des "problèmes dans le système des urgences", à savoir un "manque de personnel et d'organisation". Contacté par LCI, Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes de France (AMUF) appelle lui à une réforme du système. 

Les conditions de travail sont largement dégradées depuis des années- Patrick Pelloux

Le magazine Le Point établit un classement des "mauvais élèves" : les Samus qui répondent très peu au téléphone. Parmi eux, celui de Paris, où 130.000 appels n'ont pas été pris en charge sur un an. Pour Patrick Pelloux, président de l'AMUF, "ce classement ne veut rien dire, chaque zone a son environnement social unique". Difficile dès lors de "comparer les Samus" lance le médecin urgentiste.

"Les conditions de travail sont largement dégradées depuis des années", poursuit-il, en pointant l’adéquation entre les besoins et les moyens liés au Samu social. "Quand le Samu a été créé en 1988, il y avait 4 millions d’appels par an, aujourd’hui on en compte 30 millions, sauf que ni les effectifs ni les moyens n’ont suivit cette évolution", déplore-t-il. "On a pas assez de médecins et de permanenciers, et les systèmes informatiques vieux de 10 ans ne sont pas remplacés." 

La nécessité d'une réforme

Le Point pointe des différences organisationnelles entre les Samus. Si pour certains la solution est de fusionner les centres d'urgence à une échelle nationale, Patrick Pelloux est catégorique : "Il faut garder l’échelon départemental". Sur cette question, le travail devrait se faire en collaboration avec les pompiers, contre lesquels les Samus mènent "une guerre autour de la distribution des moyens et de l'autorité". "C’est une contradiction du service public", regrette-t-il. 

"Nous sommes arrivés au bout d’un système", reconnaît Patrick Pelloux. Selon le professionnel, une réforme est nécessaire. Après le décès tragique de Noémie Musenga, qui avait provoqué une grave remise en question du Samu il y a quelques mois, les changements doivent, estime l'urgentiste, porter sur une "coordination des systèmes d’urgence, une augmentation des moyens et du personnel de 10 à 20%". 

Pour l’instant, le gouvernement reste sourd aux demandes de l’association de réfléchir à de tels changements, et inquiète le médecin. Patrick Pelloux le déplore : "Nous avons un gouvernement qui passe son temps à réduire nos budgets, qu'on ne vienne pas s'étonner si nos services sont inefficaces !" 

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