Redoublement, cours de soutien gratuit, semaine de quatre jours... le plan du ministre de l’Education contre l’échec scolaire

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ÉDUCATION - Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education explique ses pistes pour lutter contre l’échec scolaire, dans "Le Parisien". Il doit détailler jeudi son projet sur les rythmes scolaires.

Nouveau cap pour l’école. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, présente officiellement ce jeudi son projet sur les rythmes scolaires. Avant cela, il s’est confié au Parisien sur les mesures qu’il espère mettre en place, pour l’école en général, et en particulier pour lutter contre l’échec scolaire. 

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Permettre à nouveau aux élèves de redoubler dès la rentrée scolaire 2017-2018

Le nouveau patron de l'Education Nationale veut aussi revenir sur le redoublement. "Il n'est pas normal d'interdire le redoublement, estime le ministre. Il y a quelque chose d'absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards."


Pour lui, il faut désormais permettre aux élèves de redoubler, infléchissant ainsi la politique de Najat Vallaud-Belkacem mais le nouveau Ministre de tempérer : "Le redoublement doit rester possible quand c'est dans l'intérêt de l'élève, et dans des cas qui doivent rester rares", dit-il à nos confrères du Parisien


Car pour lui, la première des réponses à la lutte contre l'échec scolaire est "l'accompagnement tout au long de l'année et dans les stages de soutien que nous créons" pendant les vacances d'été pour les élèves qui entrent en sixième, précise-t-il. Et d'annoncer que ce changement a "vocation à s'appliquer dès l'année scolaire 2017-2018".

La possibilité de revenir à la semaine de quatre jours

La réforme des rythmes scolaires, initiée par Vincent Peillon, alors ministre de l’Education nationale, et mise en place à partir de la rentrée 2013 avant d’être étendue à toute la France en 2014, va être assouplie, en permettant de libérer le mercredi. L’idée justifiant cette réforme était que la concentration du temps d'enseignement sur 4 jours était préjudiciable aux apprentissages des enfants, à cause de la fatigue supplémentaire occasionnée. Elle avait ainsi mis en place cinq matinées au lieu de quatre. Les 24 heures d'enseignement hebdomadaires étaient donc étalées sur neuf demi-journées afin que la journée de classe ne dépasse pas 5 heures 30. La pause du midi était de 1 heure 30 au minimum. Ces nouveaux rythmes permettaient d'alléger le temps de classe de 45 minutes par jour, et ce temps dégagé devait permettre de mettre en place des activités périscolaires, à la charge des municipalités.

Le ministre de l’Education reconnaît dans le Parisien "qu’il n’y a rien de prouvé scientifiquement quant à l’impact sur les résultats scolaires", par rapport au rythme choisi. En revanche, "ce que l’on a vu, ce sont des parents se plaindre d’une fatigue accrue, surtout des plus petits, depuis que la classe s’étale sur cinq jours alors que le mercredi permettait un repos". Il prêche donc pour le pragmatisme, et pour gérer au cas par cas :  "Là où les modalités actuelles sont satisfaisantes, tout pourra continuer ainsi. Nous ne retranchons rien à l’existant, nous offrons seulement une possibilité nouvelle d’organisation", dit-il. 

Du soutien gratuit avant l’arrivée au collège

Le ministre de l’Education veut faire en sorte que plus aucun élève n’arrive au collège sans savoir lire, écrire, et compter. Pour ça, il veut "donner aux élèves de CM2 la possibilité de bénéficier de soutien gratuit avant l’entrée en 6e". Une mesure qui sera mise en place "dès cette année". 

Ni oui ni non pour un changement sur les grandes vacances

A la question posée par Le Parisien "Etes-vous favorable à des grandes vacances plus courtes ?", le ministre de l’Education fait une réponse de Normand : ni oui, ni non. Le sujet est en effet délicat, et sensible, tant ces grandes vacances, très longues, sont ancrées dans les habitudes des petits écoliers français. Le ministre veut y réfléchir "sans avoir d’idée toute faite" : "Il y a dix ans, la semaine de quatre jours, avec une année scolaire qui débutait lors de la dernière semaine d’août, était à la mode. Ces possibilités-là ont été cassées par la vision uniforme de la semaine de 4,5 jours", analyse-t-il. Il estime "possible d’imaginer des rythmes différenciés qui correspondent à des besoins locaux, avec comme critère premier l’intérêt de l’enfant". Sans trop se prononcer donc, il rappelle qu’il est aussi "conscient que pour les élèves de milieux les plus défavorisés, les grandes vacances sont souvent un moment de déperdition des acquis de l’année précédente."

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