On interdit à leur coach de porter le voile ? Les joueuses déclarent forfait pour la finale de la Coupe Rhône-Alpes

On interdit à leur coach de porter le voile ? Les joueuses déclarent forfait pour la finale de la Coupe Rhône-Alpes

FOOTBALL – La Ligue Auvergne - Rhône-Alpes a interdit à l’entraîneuse de l’équipe féminine des 11-13 ans de l’AS Surieux d’Échirolles d’officier en portant son voile. Les joueuses, pour marquer leur solidarité, ont déclaré forfait pour la finale qu’elles devaient disputer ce samedi.

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF), a eu le mérite de prévenir tout le monde dès avril 2014, au détour d’un entretien accordé à l’AFP : "Je vais être très clair. La France est un pays laïc et il faut respecter cela. On a avancé par rapport à la religion. En ce qui concerne la Fédération, je souhaite que les jeunes filles puissent jouer partout sans que je ne sais qui leur impose le port du voile." Une démarche en opposition à celle de la Fifa qui, un mois auparavant, avait autorisé le port du voile et du turban en matchs officiels. Trois ans plus tard, le débat reste vif. En témoigne le forfait des joueuses de l’équipe féminine des 11-13 ans de l’AS Surieux d’Échirolles pour la finale de la Coupe Rhône-Alpes de ce samedi. En cause : la décision de la Ligue Auvergne - Rhône-Alpes d’interdire à leur entraîneuse de porter son voile sur le banc de touche.

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On touche ici au cœur du débat qui agite la France depuis plusieurs années concernant la laïcité. Pour ce qui est du foot, l’article 8 du règlement de la FFF stipule, sans la moindre nuance, que "sont interdits à l’occasion de compétitions tous ports de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance politique, idéologique, religieuse ou syndicaliste"… Pour le coup, il a simplement été appliqué à la lettre. "Voilà ce qui est écrit. On ne peut pas y déroger, insiste donc Bernard Barbet, président de la Ligue régionale concernée, sur les ondes de France Bleu Isère. Je respecte le choix de cette jeune femme, bien que sur la photo qui figure sur sa licence, elle ne porte pas le voile... On est surtout désolés pour les joueuses. Ce qui leur arrive n'est pas de notre responsabilité."

On s'en fiche, nous, qu'elle porte le voile. Elle nous fait progresser- Une joueuse de l'équipe

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Les joueuses, d’ailleurs, ne comprennent pas. "On s'en fiche, nous, qu'elle ait le voile. Elle nous fait progresser et c'est ça qui compte, c'est ce qu'elle est !", déplore l’une d’elles. Tandis qu’Amar Benguedouar, président de l’AS Surieux, explique ainsi la posture de son club dans Le Parisien : "Nous considérons qu’il s’agit d’une véritable injustice car Essia a eu le mérite de conduire son équipe en finale. Il n’est donc pas question de jouer sans elle." Edia, 19 ans, l’entraîneuse en question, par ailleurs étudiante en licence d’anglais, ne comprend pas non plus. "Le problème, c'est que quand on est arrivé en demi-finale, il y a eu des gens de la Ligue au match et ils ont vu que j'avais un voile. Pourtant, moi, je ne fais pas de prosélytisme. Je ne joue pas, je donne juste des instructions à mes joueuses, depuis le banc de touche", se défend-elle.

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"SI je roule en excès de vitesse pendant plusieurs mois sans me faire prendre, ce n’est pas pour autant que je ne suis pas en infraction", réplique Barnard Barbet. Sauf que la question est plus complexe que celle du timing ou du règlement. Le maire (communiste) d’Échirolles, Renzo Sulli souligne, lui, qu’il "n’est pas rare de voir de nombreux joueurs prier avant un match ou se signer après un but, sans que cela provoque de réaction à la Fédération". L’édile affirme même avoir sollicité le président de la FFF pour "permettre à Essia d’entraîner, de manière très exceptionnelle". En vain. Noël Le Graët, dans la déclaration que nous citions plus haut, disait vouloir "que les jeunes filles puissent jouer partout sans que je ne sais qui leur impose le port du voile". En l’occurrence, voilà que son règlement impose à une entraîneuse, qui a choisi elle-même de le porter, de le retirer.

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