Ecoles hors contrat : le projet de Najat Vallaud-Belkacem sous le feu des critiques

SOCIÉTÉ
EDUCATION - Najat Vallaud Belkacem a présenté jeudi matin des mesures pour mieux encadrer les écoles hors contrat. Mais son projet est loin de faire l'unanimité.

Najat Vallaud-Belkacem veut faire rentrer les établissements hors contrat dans le rang. Jeudi matin, la ministre de l’Education nationale a présenté une série de mesures afin de mieux en contrôler le fonctionnement, alors que leur succès va grandissant.

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Ces structures alternatives attirent en effet de plus en plus. Quelque 56.400 élèves qui y étaient scolarisés l'an dernier, une hausse de 10% en cinq ans. Mais le risque, c'est qu'il y ait des dérives, avec des écoles dont le niveau serait trop faible, ou bien dont l'enseignement, trop religieux, laisserait craindre une radicalisation des élèves. "Le problème, c'est qu'on ne sait pas toujours ce qu'il s'y passe", explique Jean-Rémi Girard, vice-président du Snalc, syndicat d'enseignants du second degré. "Parfois, on ne laisse pas entrer les inspecteurs, d'autres fois, on ne leur montre que ce que l'on veut bien".

Des autorisations d'ouverture pour les écoles

Pour le ministère de l’Education nationale, il faut à tout prix éviter de telles dérives. Cela passe par des autorisations d'ouverture en amont. De fait, aujourd'hui, un maire dispose de huit jours pour s'y opposer et l'Etat (préfet, recteur, procureur) d'un mois et une fois ouverte, l'école ne peut être fermée que sur décision de justice. Najat Vallaud-Belkacem souhaite donc porter le délai d'opposition à quatre mois et augmenter le nombre de motifs permettant de refuser la création d'un établissement scolaire. A cela s'ajoute le renforcement des visites des inspecteurs dans les classes hors contrat. Mis en place à l'automne 2015, il doit permettre de s'assurer que le niveau des élèves correspond aux attentes.

Ces mesures sont loin de faire l'unanimité. Dans les rangs des écoles libres, on dénonce une "régression inacceptable". "L'école libre existe depuis Charlemagne, ce que propose la ministre est une remise en cause de la liberté d'éducation", s'emporte Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l'école, qui défend ces structures hors contrat. Selon elle, les services de l'Etat ont déjà bien assez de marge pour empêcher la création d'un établissement : "Il y a une enquête des renseignements généraux, des déclarations en préfecture, au rectorat et au procureur de la République. C'est plus que rare qu'une école ouvre sans que tout ait été passé au crible", assure-t-elle à metronews.

Des contrôles inadaptés 

Nombreux sont également ceux qui critiquent les inspections par le ministère. D'abord pour des questions de moyens. Les syndicats dénoncent ainsi des ambitions très au-dessus des ressources de l'Education nationale : "On manque clairement de moyens humains", regrette ainsi Jean-Rémi Girard. "Les inspecteurs ont du mal à tenir la cadence aujourd'hui. On voit mal comment leur donner plus de travail permettra de meilleurs contrôles", confie-t-il à metronews.

Anne Coffinier regrette également le manque de préparation de ces inspecteurs : "Quand ils viennent contrôler un établissement hors contrat, ils sont dix mais ils ne connaissent pas les méthodes pédagogiques appliquées. Dans une école qui ne compte que quelques dizaines d'élèves mais qui applique des méthodes très différentes, ça ne sert à rien", explique-t-elle.

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