Economie circulaire : ils font pousser des champignons en recyclant du marc de café

Economie circulaire : ils font pousser des champignons en recyclant du marc de café

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ENVIRONNEMENT - Avec son association Café des spores, Pauline Petit, 28 ans, est la lauréate de la 11e édition du prix Entreprise pour l’environnement (EPE). Son objectif ? Oeuvrer "pour réduire les déchets et produire une alimentation locale". Rencontre.

Il existe déjà pléthore de manières de recycler son marc de café. En effet, le petit noir est par exemple un bon engrais et un répulsif efficace pour les plantations de son jardin. C'est aussi un formidable dégraissant pour la vaisselle et une société en fait même des bûches écologiques pour cheminée. Mais il est aussi possible de s'en servir comme ressource pour la culture des pleurottes, des champignons très savoureux en cuisine.

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"Un déchet qui ne devrait pas être considéré comme tel"

C'est en tout cas ce que souhaite démontrer Pauline Petit, 28 ans, lauréate de la 11e édition du prix Entreprise pour l’environnement (EPE), dont metronews est partenaire, avec son association Café des spores . Son projet de recyclage de "ce déchet qui ne devrait pas être considéré comme tel" a germé à l'automne dernier en région toulousaine, où elle s'est installée dans une zone d'activité de l'économie circulaire à Belesta-en-Lauragais.

"Au départ, je voulais monter mon projet directement dans des plantations de café au Brésil, mais ça ne s'est pas fait, explique la diplômée de Sciences Po Lille. C'est une façon concrète de réduire les déchets et de produire une alimentation locale". D'ailleurs, en France et à l'étranger plusieurs entreprises comme  Upcycle - La boîte à champignons  se sont déjà lancées dans la culture des pleurottes grâce au marc, un substrat dont les quantités produites par an par les Français se comptent en centaine de milliers de tonnes.

Un substrat garde-manger

Faire pousser des champignons représente un autre intérêt écologique. Une fois mélangés avec le marc et des copeaux de bois récupérés auprès d'une association qui fabrique des nichoirs, les mycéliums, qui donneront les pleurottes, poussent en trois quatre semaines et dévorent le substrat qui leur sert de garde-manger. "Ça ne consomme pas beaucoup d'énergie, c'est assez autonome comme culture : il faut juste beaucoup d'eau et un système de ventilation pour créer des conditions de températures tempérées", décrit Pauline Petit.

Une fois cueillis, les champignons produits par Café des spores sont ensuite vendus à des restaurants ou  une Association pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap)  qui les distribue localement. Le digestat, résultat de la culture des pleurottes, repart lui à la terre comme compost. Ainsi, la boucle est bouclée. Reste à développer la petite association. A terme, la jeune femme souhaite créer sa société coopérative et embaucher deux salariés à plein-temps ainsi que des salariés en réinsertion. Pour donner à ce projet agricole écologique  une dimension sociale et solidaire. 

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