"On se débrouille" : économie de la survie et système D pas toujours légal dans les banlieues

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ENQUÊTE - Dans les banlieues, l’emploi ne cesse de se dégrader, selon les derniers chiffres dévoilés par le gouvernement. Toutes les catégories sont touchées, mais notamment les plus jeunes. Parallèlement, c’est donc une autre économie qui se développe. Un genre de "système D", et qui n’est pas toujours légal.

Par pur "business" ou par obligation, de plus en plus de jeunes doivent trouver différents moyens pour s’en sortir. Ainsi, avec un taux de chômage qui atteint les 37 % chez les 15-24 ans dans les banlieues, c’est une économie souterraine qui s’est développée petit à petit et qui ne cesse de croître. TF1 a enquêté.


Dans les caves, il est ainsi très facile, par exemple, de trouver du matériel hi-fi ou informatique. Pour moins de 50 €, chacun peut s’acheter une télévision. Elle ne sera pas forcément toute neuve ni dans sa boîte d’origine, mais en parfait état de marche.

Volé, tombé du camion, tous les moyens sont bons. "Tu peux avoir des trucs neufs, d’occasion… Ça peut venir de partout. On se débrouille en attendant d’avoir un travail", détaille un jeune homme.


A certains endroits, tout est prétexte au "biz", le "business" dans le langage commun. Outre les produits tombés du camion, c’est aussi la contrebande qui est très développée. Cette dame a une petite retraite et ne pourrait donc pas se payer autant de cigarettes qu’elle souhaite. Depuis quelque temps, elle a pris contact avec un revendeur qui importe des paquets d’Ukraine. "C’est trop cher. Là, je paye 5 € le paquet au lieu de 7 €. Il y a une marge de 20 € quand je prends une cartouche, ça vaut le coup".

Tu peux avoir des trucs neufs, d’occasion… Ça peut venir de partout. On se débrouille en attendant d’avoir un travailUn jeune qui vit en banlieue

Pour d’autres, on tombe dans le "système D". Julien a un contrat d’insertion et ne gagne que 800 euros par mois. Il peut payer son loyer, mais doit se débrouiller pour le reste. "Je trouve des vêtements sur internet ou bien je vais aux puces à Paris".


Une autre femme, Nathalie, a été licenciée le jour où elle a annoncé être enceinte. Depuis, elle remet à neuf des voitures pour vivre et a pour ambition de devenir auto-entrepreneuse. "Je suis au RSA, mère isolée, donc pour vivre, je me suis mis dans la voiture. Je répare la voiture, je refais la carte grise et le contrôle technique, tout ça avec une marge de 1000 euros." Beaucoup ont tenté l’aventure du VTC, mais ont vite déchanté : petites courses à moins de 5 euros et prix de location du véhicule prohibitifs ont rapidement brisé leur rêve et continuent d'alimenter cette économie de la débrouille.

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