Égalité homme-femme au travail : quels progrès depuis le décret de Najat Vallaud-Belkacem ?

Égalité homme-femme au travail : quels progrès depuis le décret de Najat Vallaud-Belkacem ?

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INFO METRONEWS - Grâce à un décret adopté par le ministère du Droit des femmes en décembre 2012, le dispositif sanctionnant l'inégalité entre hommes et femmes dans les entreprises a été renforcé. Si 5000 entreprises ont déjà rendu un plan d'action dans ce domaine, 700 ont dû être mises en demeure et 10 ont même été sanctionnées.

"Passer de la théorie à la pratique", voilà l'objectif de Najat Vallaud-Belkacem. En décembre 2012, la ministre des Droits des femmes a renforcé par un nouveau décret le dispositif législatif pour promouvoir l'égalité salariale dans les entreprises . Son principe : toutes les entreprises de plus de 50 salariés ont l'obligation de négocier avec les partenaires sociaux ou, à défaut, d'adopter un "plan d'action" pour lutter contre les inégalités hommes-femmes.

Des inégalités sur les salaires, bien sûr , mais pas seulement. "Le vrai enjeu, c'est de veiller à ce que les femmes aient toutes les mêmes opportunités professionnelles que les hommes", explique la ministre du Droit des femmes à metronews. L'entreprise qui ne rend pas son plan dans les délais impartis est mise en demeure. Et si rien n'est entrepris, elle doit finalement payer une amende qui peut atteindre 1% de la masse salariale par mois de carence.

"Nous n'avons pas d'objectif chiffré"

"Notre volonté n'était pas de sanctionner les entreprises, mais bel et bien de les faire avancer sur cette question", souligne Najat Vallaud-Belkacem, qui se félicite du premier bilan établi. En un peu plus d'un an, 5000 entreprises ont mis sur pied un plan d'action. Mais 600 autres ont été mises en demeure et 10 ont même été sanctionnées. "Nous n'avons pas d'objectif chiffré. Le défi, que nous pensons tenir, c'est que toutes les entreprises se sentent concernées et prennent le train de l'égalité professionnelle", ajoute la ministre.

Parmi les 10 entreprises sanctionnées pour ne pas avoir livré à temps leur plan d'action, il y a la société d'importation de bois PBM. Elle pourrait donc devoir de l'argent aux services de la DIRECCTE, l'organe chargé de faire appliquer le dispositif. "Au début, je trouvais que la période était mal choisie pour sanctionner financièrement les entreprises", relève Anne Galloway, la DRH de l'entreprise. "Mais il faut avouer qu'en France, nous avons besoin de bâtons pour avancer", nous concède-t-elle.

Rappelée à ses devoirs, PBM a fini par s'exécuter. Et a choisi, comme la majorité des entreprises, de négocier avec ses partenaires sociaux pour améliorer l'égalité professionnelle en son sein. "Nous allons par exemple prendre en charge des frais de garde, ou encore faciliter les horaires des femmes le jour des rentrées scolaires", énumère Anne Galloway. Le train de l'égalité semble bien se frayer un chemin.

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