Elle avait tué son mari violent : Bernadette Dimet condamnée à cinq ans de prison avec sursis

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VERDICT - Ce vendredi 5 février, la cour d’assise de l’Isère a condamné Bernadette Dimet à cinq ans d'emprisonnement avec sursis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

L'annonce du verdict a été accompagnée d'un immense cri de soulagement, immédiatement suivi d'un "merci" sonore. Ce sont les sœurs de Bernadette Dimet, se tenant toutes les quatre par la main au premier rang de la salle d'audience, qui n'en croient pas leurs oreilles. Accusée d'avoir assassiné son mari violent en 2012, leur aînée vient d'être condamnée à cinq ans d'emprisonnement avec sursis. Elle ne dormira pas en prison ce soir.

Initialement poursuivie pour "assassinat", Bernadette Dimet a finalement été reconnue coupable de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Une requalification et une peine largement inférieures aux réquisitions de l’avocate générale, Thérèse Brunisso, qui avait demandé huit ans de prison ferme."Vous tiendrez compte de ce que fut sa vie, mais votre peine sera à l'aune de la valeur que vous accordez à la vie humaine" avait demandé aux jurés celle qui se réserve, dès lundi, le droit de faire appel de cette décision. 

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Une famille à reconstruire

Mais au tribunal de Grenoble, ce vendredi soir, l'heure est à l'apaisement. Il faut dire que personne, dans cette salle, ne semble pleurer la victime, Bernard Bert, tué d'un coup de fusil de chasse par sa femme dans une clairière de l'Isère. Le sourire aux lèvres, les sœurs et amies de Bernadette Dimet accueillent la condamnée à sa sortie du box. Celle qui comparaissait libre a enlevé ses petites lunettes noires, en tremblant un peu. Pendant les débats, elle a beaucoup pleuré et semble aujourd'hui à bout de forces. Devant les portes de la salle d'assise, face aux journalistes qui l'attendent, elle ne déclare qu'une seule chose : "c'est tout ce que je voulais". 

Son avocat, Frédéric Doyez, évoque quant à lui "une peine juste". Durant sa plaidoirie, il avait justement souhaité que sa cliente puisse ressortir libre du tribunal, sans pour autant plaider la légitime défense. Ce procès, sur lequel a plané pendant deux jours l'ombre de l'affaire Jacqueline Sauvage, se termine finalement d'une manière bien plus légère. Reste à présent une famille à reconstruire. Les fils de Bernadette Dimet, qui se portaient partie civile, ont quitté rapidement la salle, sans faire de commentaire. Leur mère, elle, est repartie peu après, dans la nuit, bras dessus bras dessous avec ses soeurs. 

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