Elle lance le mouvement "Maipoils" : en mai, cette jeune Québecoise vous invite à arrêter de vous épiler... et à sortir tous poils dehors !

Elle lance le mouvement "Maipoils" : en mai, cette jeune Québecoise vous invite à arrêter de vous épiler... et à sortir tous poils dehors !
SOCIÉTÉ

EN MAI, FAIS CE QU’IL TE POIL – Une Québecoise a lancé le mouvement "Maipoils". Dans la lignée de "Movember", il vise à arrêter d’éradiquer ses poils pendant un mois, notamment pour lutter contre l’uniformisation des standards de beauté imposés par la société.

Il est rasé, arraché, flashé, électrocuté, décoloré, épilé. Il est détesté, scruté à la loupe, soigneusement éradiqué. Qui ça ? Le poil ! Il est devenu l’ennemi public, torturé au rasoir Bic depuis des années. Et si on le laissait tranquille ? En voilà une initiative poilante ! 

C’est ce que propose le mouvement "Maipoils", lancé par Paméla Dumont, une jeune comédienne québécoise. L’idée est d’inciter, durant tout le mois de mai, hommes et femmes à oublier crèmes dépilatoires ou rasoirs, reléguer au placard cire, bandes et arraches-poils électriques pour laisser son épiderme au naturel. 

Mais pourquoi donc ? Tout simplement pour tâcher "d'éclater les diktats de beauté et de proposer d’autres modèles de corps à voir", et rappeler qu’aujourd’hui, l’épilation chez les femmes n’est "pas une mode mais une obligation". Bref, laisser un peu de côté la guerre du lisse et des corps standardisés. Arrêter de penser que les poils, c’est sale, signe de crasse, de maladie, de laisser-aller. Bref, laisser le naturel s'exprimer.

Nos poils, on les subit trop souvent- Paméla Dumont

Dans la lignée de "Movember", qui incite les hommes à devenir moustachus en novembre pour soutenir la lutte contre le cancer de la prostate, Paméla Dumont veut en fait questionner cette pratique de l'épillation. Enterrer la hache de guerre, "permettre à quelques jeunes femmes de ne pas entrer systématiquement dans leur puberté avec un rasoir à la main", et pourquoi pas "offrir des alternatives à l'empire du lisse". Pour que tout le monde y trouve son compte. 

"Nos poils, on les subit trop souvent", indique la jeune comédienne. "J’aimerais croire qu’ils ne sont pas là à la base pour nous peser. J’aimerais apprendre ou ré-apprendre ce que les poils peuvent avoir de drôle, de réconfortant, de doux, de chaud, de soyeux, de coloré, d’extravagant, de banal, de beau… J’aimerais juste qu’on redonne une chance à nos poils et que pour un bref, tout bref instant, on cesse de les opprimer." 

L’histoire de Paméla est sans doute une histoire que beaucoup de femmes connaissent : depuis sa puberté, elle et ses poils se sont engagés dans un long corps à corps. Elle a d’abord tenté de les saborder chez l’esthéticienne, les demi-jambes à la cire, les sourcils à la pince, puis à la cire chez elle, avant de craquer, se raser, tenter le laser, l’électrolyse... Une lutte sans fond,  sans fin, sans solution. Et un jour, elle s’est demandée : mais pourquoi lutter ? Et surtout, "puis-je cesser cette guerre ? Ai-je le droit d’être belle et féminine avec mes poils ? Y a-t-il une tentative d’homogénéisation des goûts de la population dans le but de vendre toujours plus de produits associés ?". Et de questionner les diktats de beauté, les préjugés imposés au fil des années par une industrie  du soin qui met en avant l’ hypersexualisation du corps féminin, le tout allègrement relayé par la presse, les médias, les vidéos clips. 

"Poi-litiquement incorrect"

Pour lancer la lame de fond de la révolution, le mois de mai a été "choisi avec soin" : c’est le moment, au printemps, où chacun commence à se dénuder. Et l’un des premiers réflexes, avant d’ôter tout textile, est de passer un coup de rasoir sur la peau qui a hiberné. Alors, "ne soyons pas épilée et fières (oui, ce sera difficile)", harangue Paméla. "Fières de se changer au vestiaire avec un corps qui ne sera pas lisse comme un bébé, mais femme et assumé, faire l’amour avec des nouvelles subtilités amenées par la sensibilité décuplée par les poils (ils ne sont pas là pour rien, détrompons-nous), de draguer avec plus de phéromones, contrarier les multinationales du poil, décomplexer son corps mais aussi un peuple entier !"

Sur sa page Facebook et son site internet, le mouvement poste chaque jour des témoignages d’internautes, des vidéos, comme cette minisérie d’Arte intitulée Poilorama, et permet à chacun de communiquer sur l’avancée du combat. Un petit milliers de fans semblent suivre pour l’instant le mouvement, encore très concentré au Québec.

En vidéo

VIDÉO. Beauté : l'épilation à la lumière pulsée fait polémique

Madonna, Julia Roberts...

Mais la guerre contre le poil et l’ode au pelage et au retour à l’état sauvage n’est pas tout à fait nouvelle, relayée depuis quelques temps par les célébrités. Comme Madonna en 2014, qui avait posté sur Instagram des dessous de bras velus ; ou encore en janvier dernier, l’actrice britannico-américaine Lola Kirke qui avait foulé le tapis rouges des Golden Globes avec des aisselles non épilées, dans la lignée d’une Julia Roberts qui arpente régulièrement les avant-premières les aisselles à l’état naturel.  Mais, même pour les stars, ces sorties déclenchent railleries, buzz, commentaires, et c’est à qui trouvera la qualificatif le plus assorti, de "hirsute" à "néo-hippie", voire "cracra", "dégueu", en tout cas, assurément "peu féminin" et "anti-glamour". 

Alors qu’au fond, la tendance poilue est peut-être, comme le chantait le groupe Java il y a quelques années, la plus rebelle-transgressive attitude qui soit :  "Toutes ces bourgeoises qui s’épilent/ça m’rase, ça m’barbe, ça m’horripile/dans un monde aseptisé, j’suis poilitiquement incorrect." Poilitiquement incorrect, c'est ça !

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