En colère après l'interview de Macron, des syndicats de policiers appellent à ne plus contrôler

Hier, lors de son interview accordée à un média en ligne, Emmanuel Macron a dénoncé les contrôles d'identité en fonction de la couleur de peau. Une accusation inadmissible pour les syndicats qui appellent les agents à cesser une aprtie de leurs activités.

COLÈRE - L'interview d'Emmanuel Macron par Brut passe mal chez les syndicats de policiers. Se sentant accusés de délit de faciès et de violences, certains appellent, en protestation, à cesser les contrôles d'identité immédiatement.

Dans un entretien pour le média en ligne Brut, Emmanuel Macron a tenté, vendredi, de jouer l'apaisement. S'il a pu calmer quelques esprits, en annonçant notamment la mise en place d'une plateforme de signalement des discriminations qui sera gérée par l'Etat, le Défenseur des droits et des associations, il a échaudé ceux des syndicats de policiers.

Au moins deux d'entre eux, Alliance et Unité SGP, ont diffusé dans la foulée sur les réseaux sociaux des tracts pour exprimer leur colère. Ils dénoncent la création d'"une plateforme défouloir de la haine anti flic".

Un appel à la cessation des contrôles d'identité lancé

"Vous décidez de discriminer et de cloîtrer en banlieue des populations puis nous le faites payer ? Non. Ça ne se passera pas comme ça", assène sur Twitter Unité SGP, qui prône un "blocage total". Le syndicat s'offusque notamment du fait qu'il soit, selon lui, "beaucoup plus simple d'accuser les policiers que de reprocher aux politiques des 50 dernières années d'avoir cloîtré des populations dans des banlieues loin, très loin, et ce sans mixité".

Un point de vue que partage Abdoulaye Kante, policier dans les Hauts-de-Seine. "On est en train de payer des années de politique dans ces quartiers, où il y a un parcage social qui n’est pas évident. Donc c’est sûr que lorsque l’on va dans ces quartiers-là, on est toujours confrontés au même type de population", témoigne-t-il auprès de LCI.

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"Non la Police nationale n'est pas raciste et elle ne choisit pas sa délinquance", s'agace de son côté Alliance, qui appelle  "dès maintenant tous les policiers à ne plus faire de contrôles d'identité". "La présomption de culpabilité de racisme ou de contrôle au faciès n'aura pas lieu", lance le syndicat dans une vidéo. "Le président aura la police qu'il mérite", ajoute-t-il.

Nous sommes violents, n'interpellez plus! Nous sommes racistes, ne contrôlez plus!- Unité SGP

Au-delà du lancement de cette plateforme, les syndicats reprochent aussi à Emmanuel Macron d'avoir évoqué l'existence de "policiers violents (...) qu'il faut sanctionner". "Nous sommes violents, n'interpellez plus! Nous sommes racistes, ne contrôlez plus!", tweete Unité SGP, qui appelle à un "blocage total".

Ce samedi, près de 90 manifestations sont prévues sur tout le territoire contre la proposition de loi sécurité globale. Elles seront pour la plupart très encadrées par les forces de l'ordre, au vu des débordements ayant eu lieu samedi dernier. Selon un sondage Elabe pour BFMTV diffusé le 2 décembre, la confiance des Français envers la police continue de fortement baisser. Seuls 60% d'entre eux lui font encore confiance, soit 9 points de moins qu'il y a six mois et 16 de moins par rapport à avril 2019.

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