En décembre 2013, l'avocat de Dieudonné l'assurait : "Il est parti en guerre"

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POLEMIQUE - Alors que Dieudonné comparaît ce mercredi devant le tribunal pour ses propos sur les chambres à gaz, retour en décembre 2013, quand était née la polémique, avec la Licra, SOS Racisme, l'avocat Jacques Verdier et Radio France.

[MISE À JOUR : L'humoriste Dieudonné est jugé ce mercredi 28 janvier pour des propos, diffusés en décembre 2013, à l'encontre du journaliste de France Inter Patrick Cohen. A l'époque, metronews avait interrogé les trois parties concernées par le procès : les associations antiracistes, Radio France et l'avocat de Dieudonné.]

EN SAVOIR + >> "Les chambres à gaz... dommage" : Dieudonné devant le tribunal

Les paroles auraient pu rester dans la confidentialité du théâtre de la Main d'or. Mais les journalistes de France 2 étaient allés filmer Dieudonné en caméra cachée dans son théâtre. Au premier rang, ils avaient enregistré des images de l'humoriste sur scène et révélaient dans leur reportage un passage insultant envers le présentateur de la matinale de France Inter, Patrick Cohen.

"Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise", raconte-t-il, avant de lâcher une autre attaque : "Moi, tu vois, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… dommage".

''Il est parti en guerre. Il ne se laissera pas faire''

La méthode avait laissé dubitatif l'avocat de l'humoriste, Jacques Verdier. ''France 2 fait un reportage, en caméra cachée, sur Dieudonné qui n'a pas voulu participer et se garde d'interroger les gens qui sont susceptibles de donner un élément de réponse sur cette affaire, comme moi. Cela fait un moment qu'il y a un contentieux avec Patrick Cohen", rappelle-t-il à metronews. Et d'ajouter que l'artiste a choisi de répondre dans son registre : ''Il est parti en guerre. Il ne se laissera pas faire''.

A l'origine du contentieux, une question de Patrick Cohen à Frédéric Taddeï, dans l'émission "C à vous" . Le chroniqueur de l'émission de France 5 avait alors demandé à l'animateur s'il continuerait à inviter des personnalités contestées telles que Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral ou Marc-Edouard Nabe. 

Moins de 24 heures, après la diffusion des images, la direction de Radio France n'a pas porté plainte mais signalé ces propos au parquet de Paris. ''Il appartient ensuite au ministère public de décider des suites à donner à cette affaire'', explique l'avocat de Radio France, Richard Malka à metronews.

Condamné à six reprises et 36.000 euros d'amende au total

En cas de poursuite, Dieudonné, qui a déjà été condamné à six reprises et à 36.000 euros au total, devrait répondre pour incitation à la haine et à la discrimination. Il risque une amende pouvant aller jusqu'à 45.000 euros et un an de prison. Sans compter les dommages et intérêts dans l'hypothèse (probable) où des associations porteraient plainte.

De son côté, Jacques Verdier, avocat de Dieudonné ne se fait que peu d'illusions quant à la suite de l'affaire. ''Procès, il y aura et condamnation vraisemblablement il y aura. Mais j'attends le recours de la Cour européenne qui je l'espère viendra statuer dans notre sens au titre de la liberté d'expression."

Les associations vigilantes

Avant même la fin de l'émission, la présidente de S.O.S racisme n'avait, elle, pas tardé à réagir. "J'ai en effet immédiatement saisi notre commission d'avocat pour se pencher sur la question du point de vue juridique, précise Cindy Léoni dont l'association est impliquée dans une grande partie des poursuites à l'encontre de l'artiste. S'il est possible de le poursuivre, nous le ferons''.

La Licra avait précisé à metronews qu'elle se joindrait à l'action en justice si le Procureur de Paris François Moulins décidait de poursuivre Dieudonné pour ses propos contre Patrick Cohen. 

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