Vague de froid : coupés du monde depuis plusieurs jours, deux villages corses enfin secourus

SOCIÉTÉ

GLACÉ - Une vague de froid inédite depuis 2012 s’installe sur la France pour plusieurs jours. Météo France et les autorités prônent la vigilance, alors que les températures vont descendre parfois très en dessous des normales saisonnières. Suivez les dernières infos et nos conseils.

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N’oubliez pas vos gants, vos bonnets et vos gros pulls. Depuis mardi 17 janvier, un froid sibérien s’installe sur tout le pays. Plusieurs jours de températures négatives qui poussent les autorités et les différentes associations à la mobilisation.

Jusqu'à -6°C dans le Sud, -21°C à Val d'Isère

Ce froid est alimenté par un air glacial venu d'Europe centrale. Cette vague arrivera par le nord-est et s'accentuera encore ce mercredi, un phénomène renforcé par le vent, comme le précise Météo France.

Ce matin, il devrait faire entre -3 et -8 degrés dans les terres, -9 à -12 et parfois moins en montagne selon Météo France. -4 est attendu à Paris, où le thermomètre est descendu à -2°C mardi. "Il faut remonter à janvier 2005 pour trouver de telles températures sur la Côte d'Azur", indique Patrick Galois, prévisionniste à Météo France.

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Est-ce que ça va durer ?

La pointe bretonne, jusqu'ici relativement épargnée, va cette fois elle aussi être saisie par ce froid hivernal : la région devait voir le mercure passer sous 0° (-1° attendu à Brest le matin contre 1° mardi). Ce froid glacial devrait persister jusqu'à jeudi, qui "pourrait être en moyenne la journée la plus froide" de cet épisode, a estimé mardi soir Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo France.

Ce "bon coup de froid", avec des températures de 5°C à 10°C en dessous des normales de saison, ne devrait toutefois pas être ni aussi intense ni aussi long que la quinzaine glaciale de février 2012, selon l'organisme de prévision. Etienne Kapikian évoque une durée possible de six jours. 

Historique ?

En 2012, l'épisode avait duré deux semaines et battu de nombreux records. Rien de tel attendu cette fois-ci, même si des records localisés tomberont peut-être. Rien à voir non plus avec les vagues "historiques" de février 1956 ou janvier 1985.

"Il faut relativiser", tempère Patrick Galois : "C'est un bon coup de froid. Le 17 janvier 1985, il faisait -23°C à Nevers, -19°C à Lille, -17°C à Lyon, -14°C à Paris, -10°C à Marseille...".

L’Est fortement touché ?

L'extrême Est du pays sera sans doute le plus touché, lui qui a déjà un avant-goût de ces températures polaires depuis la fin du week-end. Déjà -5°C à Mulhouse, -2°C à Strasbourg et Nancy, -12°C à Grenoble, -16°C à Val Thorens à 2.300 m. Lundi, il a aussi fait -2°C à Lille ou Montpellier.

Les associations sur le front

 Le président François Hollande présidera ce mercredi à 08H45 une réunion ministérielle sur "la mise en œuvre du plan grand froid", en présence du Premier ministre Bernard Cazeneuve et des ministres de l'Environnement, du Logement, des Affaires sociales et de l'Intérieur Ségolène Royal, Emmanuelle Cosse, Marisol Touraine et Bruno Le Roux. 

Bernard Cazeneuve a plaidé mardi soir pour une augmentation des possibilités d'hébergement d'urgence, lors d'une visite au Samu Social à Ivry-sur-Seine. Depuis samedi, le gouvernement a mis en place un "pilotage quotidien" pour anticiper les besoins dans les départements. Un "bilan quotidien des besoins" doit être établi par les préfets. Migrants ou sans abri, "il y aura de la place pour tout le monde", a promis lundi le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux.

La Croix-Rouge prévoit de mobiliser au moins un millier de bénévoles chaque soir. La préfecture des Alpes-Maritimes par exemple a annoncé 40 places supplémentaires pour les sans-abri. A Strasbourg, la municipalité a réquisitionné deux gymnases, idem à Ajaccio. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a invité RATP, SNCF et autres compagnies de bus à prendre les dispositions nécessaires (chauffage, équipement des véhicules ou information des voyageurs).

Manque d’électricité ?

Quant à l'approvisionnement en électricité, le gestionnaire du réseau de transport (RTE) a expliqué qu'il pourrait être amené à déclencher des mesures exceptionnelles ce mercredi. Bien que le froid risque d’entraîner une hausse de la consommation, il ne devrait pas y avoir de "coupures programmées".

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