Sans-abri : le diplôme universitaire "ne protège plus de la précarité"

Sans-abri : le diplôme universitaire "ne protège plus de la précarité"
SOCIÉTÉ

PRÉCARITÉ - Une étude de l'Insee et de l’Institut national d’études démographiques (Ined), publiée mercredi, révèle qu'un sans-abri sur dix est diplômé de l'enseignement supérieur. Leur situation fait souvent suite à une séparation ou à une perte d'emploi.

Au moins 14% des sans-abri ont suivi des études supérieures, selon une étude réalisée par l’Insee et l’Institut national d’études démographiques (Ined) : 10% d’entre eux ont même obtenu leur diplôme. Menée début 2012 par le démographe Philippe Cordazzo et le sociologue Nicolas Sembel dans les centres d’hébergement, les lieux de distribution de repas ou encore les banques alimentaires, cette étude amène à une triste conclusion : "Le phénomène de déclassement s’étend et le diplôme ne protège plus de la précarité". Un diagnostic tenant compte des observations du Samu social de Paris, qui en 2011, avait recensé 12 % de SDF (et 24 % de ceux hébergés dans des structures spécialisées) ayant suivi des études supérieures. 

Faire des études n’empêche pas la précarité

"Faire des études, être diplômé n’empêche évidemment pas les maladies psychiatriques ou des addictions qui peuvent conduire à perdre son logement", rapporte Françoise Riou, qui dirige l’Observatoire du Samu social de Paris. Autres facteurs : le fait d’être diplômé et de ne pas avoir de domicile fixe relève dans 20% des cas, d’une séparation avec un conjoint, dans 10% d’une perte d’emploi et dans 9% d’une incapacité à payer un loyer. 

A noter qu’un quart des SDF avait un emploi lors de l’étude, en 2012. S'ils connaissent des situations comparables aux SDF sans formation, les diplômés du supérieur se distinguent par "un rapport à l'emploi un peu plus dynamique, un état de santé jugé (par eux) plus souvent comme 'très bon', une expérience plus tardive de la sans-domiciliation, et un soutien plus actif de leur réseau de sociabilité (amis, proches, voisins, famille)". Selon les chiffres de l’étude, 143.000 personnes étaient sans domicile fixe en 2012, soit 50% de plus qu’en 2001, lors de la précédente étude. 

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