En Lorraine, les néonazis passent à la menace

En Lorraine, les néonazis passent à la menace

NÉONAZIS – Installés depuis près de trois mois dans un hangar agricole d'un petit village de la Meuse (Lorraine), des skinheads sont passés à la vitesse supérieure. Une militante cherchant à les déloger affirme en effet avoir été victime d'intimidation.

Souvenez-vous. C'était au mois de mai : une équipe de skinheads investissait une grange, à Combres-sous-les-Côtes, minuscule commune de la Meuse (Lorraine), dans l'idée d'en faire leur nouveau quartier général. La LHS – League of Hammerskins –, du nom de l'un des plus virulents groupes de néonazis, était invitée par un propriétaire privé à inaugurer en ces lieux "un tout nouveau club-house".

Face à eux, plusieurs habitants de la région se sont élevés. A la tête du mouvement, une certaine Laure Hébrard, à l'origine d'une pétition sur Change.org qui comptabilise aujourd'hui presque 30.000 signatures . Mais, ce samedi, la militante dit avoir fait l'objet de menaces. "Je m'apprêtais à sortir de chez moi quand j'ai vu une jeune femme blonde tenter de glisser une enveloppe dans ma boîte aux lettres", explique-t-elle, contactée par metronews. Lorsque Laure s'avance vers l'inconnue, celle-ci lui tend la missive et bredouille : "On m'a demandé de vous remettre ça", avant de rejoindre une voiture blanche garée non loin de là.

EN SAVOIR + >> Dans la Meuse, un village tranquille repaire de néonazis

"Ils disent qu'ils sont 'des citoyens exemplaires'…"

Dans l'enveloppe, un exemplaire du journal d'extrême droite Rivarol, accompagné de ce message : "Pour notre plus grande fan ! Page 4." L'article en question concerne les Hammerskins de Combres et s'intitule : "Des Lorrains nationalistes persécutés". Un geste cherchant avant tout à démontrer que l'adresse de leur principale opposante n'est désormais plus un secret. "J'utilise un nom d'emprunt, mon nom de famille n'est jamais cité sur Internet, le lieu de mon domicile encore moins, reprend Laure. Je ne comprends pas comment ils ont pu me retrouver. Ce qui m’interroge, c'est que, dans cette affaire, seules les autorités compétentes connaissent ma vraie identité."

Suite à cette tentative d'intimidation, la jeune femme décide de porter plainte et remarque : "Dans l'article, ils disent qu'ils sont 'des citoyens exemplaires'. Qu'ils le prouvent !" Car, malgré les pétitions et les multiples alertes lancées par de nombreux Lorrains, les Hammerskins n'ont toujours pas déserté leur chère "Taverne de Thor", précédemment installée à Toul avant d'être fermée par les autorités. Les politiques locaux, néanmoins, commencent à prendre l'affaire au sérieux.

Réunis lors d'un conseil départemental dans la semaine du 15 juillet, Jean Picart et Marie-Astrid Strauss (Parti de gauche) sont intervenus pour dénoncer la présence de ce groupe de suprématistes blancs, regrettant la faible marge de manœuvre du Département sur le sujet. Seule autorité compétente : Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, qui devrait être interpellé sous peu. Affaire à suivre, donc.

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