"En Syrie c'était moche" : deux fillettes françaises nous racontent leur séjour dans le fief de Daech

"En Syrie c'était moche" : deux fillettes françaises nous racontent leur séjour dans le fief de Daech

HISTOIRE DE FAMILLE - Après deux ans passés en Syrie, où leur mère les avait emmenées, deux fillettes sont revenues en France grâce aux efforts de leur père. Aujourd'hui ce dernier tente de leur redonner une enfance normale.

En apparence, ces deux fillettes âgées de 6 et 8 ans sont des enfants comme les autres. Difficile d’imaginer qu’il y a encore un an elles étaient à Raqqa, en Syrie. Elles y ont passé deux ans avec leur mère et son nouveau compagnon pendant qu’en France leur père remuait ciel et terre pour les faire rentrer.

Le père, Abdelhakim Labriak, se souvient du jour des retrouvailles avec ses filles. C'était un soir d’octobre à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : "Elles étaient vivantes, elles étaient faibles, elles n’étaient pas très bien habillées", explique-t-il. Quand il a fallu leur parler de leur mère, il leur a dit qu'elle "avait fait des bêtises", qu'elle les a emmenées "dans un territoire où c’est la guerre". "Mais je ne leur dis pas qu’elle est en prison, je leur dis qu’elle est punie et que quand la punition sera finie elles la reverront", ajoute-t-il.

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"Il y avait des bombardements (...) j'avais peur"

Abdelhakim Labriak parle le moins possible à ses filles de leur passé, afin qu'elles oublient peu à peu ces deux dernières années. "En Syrie c’était moche, il y avait plein de poubelles par terre, il y avait plein de saletés par terre", se souvient la plus grande des deux fillettes. Et sa petite sœur d’ajouter : "il y avait des bombardements (…) j’avais peur".

Les deux fillettes ont été cloîtrées chez elles pendant deux ans, mais leur père estime qu’elles ont échappé au pire : "Elles n’ont pas vu d’exécutions, parce que Daech n’emmène pas les filles voir ce genre de choses (…) c’est surtout des vidéos qu’elles ont pu voir". 

Maintenant "elles vivent leur jeunesse, leur enfance"

Parfois exposées à la violence, les deux fillettes ont surtout été conditionnées au quotidien. "Je portais le hijab noir et puis je prenais le niqab jusque par terre. Il faisait chaud avec, c’était tout noir", se souvient la fillette âgée de 8 ans. Et leur père d'expliquer : "Cela a laissé des traces mais pas dans leur comportement, seulement dans le discours. À chaque fois qu’elles voyaient quelqu’un elles disaient 'ah c’est un mécréant ce n’est pas un musulman' (…). Il a fallu du temps pour leur expliquer que chacun choisit sa religion comme il le veut et qu’il peut la pratiquer comme il l’entend."

Depuis leur retour, Abdelhakim Labriak regrette d’avoir été seul, avec une absence d’aide de la part des services sociaux. Mais désormais il se dit rassuré quant à l’avenir de ses filles, et déclare en souriant : "Elles vivent leur jeunesse, leur enfance.'

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