Encore 30 drames en 4 jours : "Le courant, les algues, un malaise... n'importe qui peut se noyer"

Encore 30 drames en 4 jours : "Le courant, les algues, un malaise... n'importe qui peut se noyer"

ACCIDENT – Plus de 300 noyades accidentelles, dont 79 mortelles, ont eu lieu en France entre début juin et début juillet, selon des chiffres dévoilés par Santé publique France. Depuis le début de la semaine, une trentaine de nouveaux drames - parfois mortels - ont été recensés.

"La population a tendance à penser que quand quelqu'une sait nager, il ne peut rien lui arriver et imagine que les accidents n'arrivent qu'aux enfants. C'est totalement faux : le courant, les algues, le malaise, n'importe qui peut se noyer, petits ou grands, nageurs ou pas", insiste Yohan, pompier bénévole en Ile-de-France. 

Dans cette région comme les autres, avec les beaux jours, les noyades se sont multipliées. Le 13 juillet dernier, Santé publique France annonçait déjà un triste bilan avec 314 noyades accidentelles, ayant entraîné 79 décès. Les catégories d'âge les plus touchées par ces accidents ont été les enfants de 0 à 5 ans (21% des noyades) et les personnes âgées de 65 ans et plus (25%). Et malgré ce triste bilan et les avertissements, la série noire ne s'est pas arrêtée pour autant. 

Plusieurs noyés n'ont pu être réanimés

Depuis de nouveaux drames sont survenus. En 10 jours, pas moins d'une trentaine de noyades ont été ainsi enregistrées, dont plusieurs mortels. Plusieurs exemples survenus depuis le début de la semaine illustrent cette tendance. 

- Lundi 19 juillet, une jeune bachelière de 18 ans a voulu se baigner dans le Loing à Moret (Seine-et-Marne), ce, alors que la baignade y est interdite. "Flora a commencé à progresser dans le cours d’eau mais le débit était tel qu’elle a été rapidement plaquée au fond, avant de se retrouver coincée dans la vanne. Deux jeunes gens ont tenté de la secourir en sautant dans le Loing, en vain", relate La République de Seine-et-Marne. 

- Mardi 20 juillet, un homme âge de 78 ans qui faisait du bateau avec une amie sur le lac Léman dans les Alpes n'est pas parvenu à remonter sur le voilier après une baignade. Trois jours après les faits, son corps n'a toujours pas été retrouvé. 

Mardi, également, une adolescente âgée de 15 ans qui se baignait avec des amis dans la Nied à Bouzonville (Moselle), interdit à la baignade, a disparu dans l'eau. Alertés, les secours arrivés sur place ont retrouvé le corps sans vie de la jeune fille. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'adolescente aurait été emportée par le courant avant que sa jambe ne se coince dans un câble de l’écluse, l’empêchant de remonter à la surface.

- Mardi toujours, deux hommes sont décédés en Gironde par noyade. L'un d'eux, âgé de 81 ans, a perdu la vie à Soulac-sur-Mer (Médoc), le deuxième, âgé de 73 ans est décédé sur la plage du Lac de la Prade à Gajac, en Sud-Gironde. 

- Mardi encore, un jeune homme de 19 ans s'est noyé  à la base de loisirs de Tourville-la-Rivière en Normandie. La victime ne savait pas nager et se serait baigné en dehors de la zone autorisée, selon Paris Normandie.

Piégé par les algues de l'étang

- Mercredi 21 juillet, un quinquagénaire est mort noyé dans l’étang du Gallardon  à Verneuil-sur-Seine (Yvelines), alors qu'il voulait récupérer un ballon tombé dans l'eau. Les propriétaires du jouet avaient renoncé à aller le chercher. La victime, convaincue qu'il serait facile de le récupérer, a plongé dans les eaux bien que la baignade y soit interdite et a été piégée par les algues dans 1,80 m d’eau. À l’été 2017, deux jeunes hommes de 16 ans et 22 ans étaient décédés sur ce site. 

- Mercredi toujours, Un homme de 23 ans s'est noyé alors qu'il faisait du canyoning dans les gorges du Bès, à Maurines. "Le courant l'a emporté, et il s'est retrouvé coincé, tête la première, dans un siphon. Ne parvenant à l'extraire, son ami a donné l'alerte", rapporte La montagne.

- Mercredi également, une femme s'est noyée au large de Cayeux-sur-Mer, dans la Somme. Elle aurait été emportée par le courant et ne serait parvenue à regagner les bords de mers. Malgré les tentatives de réanimation des secours qui sont allés la chercher, la victime est décédée. 

Un enfant et un adolescent sauvés de justesse

- Jeudi 22 juillet, une enfant âgée de 3 ans s’est noyée au plan d’eau du Canada à Beauvais (Oise). Secourue par deux adolescents présents dans le cadre d’une sortie avec un centre de loisirs,  Elle a été héliportée dans un état critique à l’hôpital d’Amiens. Son pronostic vital ne serait plus engagé.

- Jeudi également, à Arcachon (Gironde), un adolescent âgé 17 ans a été sauvé in extremis de la plage Thiers vers l'hôpital. Il se trouvait au moment des faits dans une zone non surveillée. 

- Jeudi toujours, un adolescent âgé de 14 ans était avec sa maman à Chambon sur les rives de la Creuse. Le garçon est tombé à l'eau et s'est rattrapé à une branche qui lui a sauvé la vie, sa mère ne savant pas nager comme lui. Les pompiers sont venus le chercher peu après. Il a finalement été sauvé. 

- Vendredi 23 juillet, une fillette de cinq ans s'est noyée dans un plan d'eau à l'ancienne gravière de Baggersee à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), près de Strasbourg. La fillette a été sortie de l'eau en arrêt cardio-respiratoire et transportée en urgence absolue à l'hôpital strasbourgeois de Hautepierre, où elle est malheureusement décédée samedi, selon la même source. Selon les premiers éléments, elle se trouvait dans une zone non surveillée. Une enquête a été ouverte.

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"Respecter les règles et évaluer les risques"

Chaque année, les secours rappellent les consignes avant les beaux-jours tous comme les organismes qui le font via des campagnes. "Quand la baignade est interdite sur un lieu, ce n'est pas pour embêter les gens, c'est bel et bien qu'il y a des raisons. Et plus souvent, la raison est le danger et pas la pollution, souligne le pompier volontaire joint par LCI ce jeudi. C'est pareil, quand un drapeau rouge ou orange sont hissés sur une plage, il y a une signification précise, ça n'est pas pour faire joli. Enfin, quand on ne sait pas nager, on ne va pas à l'eau sans des flotteurs ou tout autre sécurité". 

Santé publique France a fait savoir qu'un prochain bilan sera établi fin juillet. En 2020, les accidents de noyade recensés entre début juin et début août (donc deux mois pleins) avaient baissé d'environ 20% par rapport aux années précédentes, une diminution que Santé publique France attribuait à la fermeture de piscines en raison du Covid-19 et la moindre fréquentation des lieux de baignade.

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