Enlèvement de Dieter Krombach : André Bamberski à son tour devant la justice

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JUSTICE - André Bamberski a consacré plus de 30 ans de sa vie à faire condamner le meurtrier de sa fille, Dieter Krombach. A partir de jeudi, il est jugé à Mulhouse pour son enlèvement.

Cette fois, c'est André Bamberski qui se retrouve sur le banc des accusés. Le père de Kalinka, retrouvée morte en 1982, est jugé à partir de jeudi devant le tribunal correctionnel de Mulhouse pour avoir commandité l'enlèvement de Dieter Krombach.

Ce dernier purge une peine de prison de 15 ans pour violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur sa belle-fille, qui avait alors 14 ans. Lors du dernier procès du docteur Krombach, en décembre 2012, l'avocat général avait salué le rôle joué par André Bamberski dans cette affaire. "Sans lui, il n'y aurait jamais eu de procès. (...) Il y a eu cet enlèvement, mais la cause est juste", avait-il souligné.

Le combat d'une vie

Le père de Kalinka est en effet soupçonné d'avoir organisé le rapt de Krombach le 17 octobre 2009 devant son domicile en Bavière afin de le livrer à la justice française. Le médecin allemand avait été retrouvé ligoté sous le porche d'un immeuble près du tribunal de Mulhouse. André Bamberski avait lui-même prévenu la police, afin qu'elle l'interpelle. Le père de Kalinka, qui réside près de Toulouse, s'était ensuite lui-même rendu à Mulhouse, où la police n'avait pas eu de mal à l'interpeller pour l'interroger.

Persuadé de la culpabilité de Krombach, Bamberski a consacré sa vie à son combat judiciaire. A ses côtés jeudi, comparaîtront un Kosovar de 43 ans et un Géorgien de 28 ans, auteurs présumés de l'enlèvement, ainsi qu'une journaliste autrichienne de 54 ans soupçonnée d'avoir joué l'intermédiaire entre eux et André Bamberski. "J'assume la responsabilité d'avoir pris la décision de faire transporter Krombach d'Allemagne en France", a expliqué l'accusé qui réfute cependant être le "commanditaire" de l'enlèvement car il fait valoir qu'il n'a "pas versé un euro" aux exécutants.

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