Enquête de "Cash Investigation" et Mediapart sur la pédophilie dans l'Eglise : pour l'association "La Parole Libérée", "il faut des sanctions"

Enquête de "Cash Investigation" et Mediapart sur la pédophilie dans l'Eglise : pour l'association "La Parole Libérée", "il faut des sanctions"

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PEDOPHILIE DANS L'EGLISE - Ce mardi 21 mars, l'émission "Cash Investigation" et Mediapart sortent une enquête conjointe sur la façon dont l'Eglise catholique a couvert méthodiquement les abus sexuels de certains prêtres. En réaction, LCI a demandé à l'association "La Parole Libérée" son sentiment au sujet de cette enquête et ce qu'elle attendait de la part de l'Eglise et des pouvoirs publics.

L'enquête a duré un an. Le site Mediapart et l'émission "Cash Investigation" dévoilent lundi sur Internet et mardi, sur France 2, une enquête conjointe inédite sur 32 prêtres pédophiles au sein de l'Eglise catholique et la manière dont celle-ci les a couverts. 


Une enquête au long cours qui révèle comment, en France, "plusieurs dizaines de prêtres auteurs de violences sexuelles ont été méthodiquement couverts, en connaissance de cause, par 25 évêques, sans que la justice n’en soit jamais informée", écrit le site d'investigation. Une omerta dont ont été victimes 339 personnes.  


Nous avons demandé à Alexandre Dussot, membre co-fondateur de l'association "La Parole Libérée" qui, à Lyon, a recensé plus de 70 victimes présumées du père Preynat, son sentiment au sujet de ces nombreuses révélations présentées par Mediapart comme un spotlight français

LCI : L’enquête de Médiapart et Cash Investigation est inédite, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Alexandre Dussot, membre co-fondateur de La Parole Libérée  : C’est très bien que des journalistes enquêtent sur le sujet. Cela fait penser à Spotlight aux Etats-Unis. On ne s’attendait pas à un tel impact, suite à notre affaire, celle du père Preynat. On n’avait pas du tout imaginé que cela ait une telle répercussion, que cela génère de telles révélations au sujet des prêtres pédo-criminels.

LCI : Pour vous, va-t-elle mettre un terme à l’omerta qui entoure ces affaires au sein de l’Eglise ?

Alexandre Dussot, membre co-fondateur de La Parole Libérée  : Malheureusement, non. Il va falloir que des actions soient menées et qu’autre chose que des prières soient faites. Il faut des sanctions. La culpabilité est du côté des prêtres malades qu’il faut soigner et des évêques. Il faut une vraie et réelle prise de conscience de leur côté. Parmi les prêtres visés, rares sont ceux qui ont eu des sanctions. Demain, si rien n’est fait, tout cela ne sera plus qu’un souvenir.

LCI : Quels espoirs mettez-vous dans ces révélations ?

Alexandre Dussot, membre co-fondateur de La Parole Libérée  : Il y a une prise de conscience mondiale sur le sujet. La sortie du film "Spotlight" a délié les langues. Mais il faut une prise de conscience de la société. On est rentré dans le combat contre la lutte contre la pédo-criminalité et la condamnation des responsables qui ont permis cela par leur silence. Il faut également se pencher sur l’indemnisation des victimes, la responsabilité de l’Eglise passera par là. Il faut que la société prenne en charge les victimes de ces prêtres pédophiles.

LCI : Avez-vous le sentiment que les langues se délient au sujet de ces affaires ?

Alexandre Dussot, membre co-fondateur de La Parole Libérée  : Depuis un an, les langues se délient. La génération de trentenaires et quadragénaires, victimes de ces affaires, parlent de plus en plus. Les affaires comme celle-ci sont portées par les médias également et cela aide. Notre histoire était le haut de l’iceberg et c’est très triste mais des soutiens au sein-même de l'Eglise nous font penser que des personnes internes à l'institution ont eux aussi envie que cela se sache.

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Pédophilie : une association vient en aide aux victimes

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