Enregistrement des dépôts de plaintes : la police abandonne le logiciel scribe, un fiasco à 12 millions d'euros

Enregistrement des dépôts de plaintes : la police abandonne le logiciel scribe, un fiasco à 12 millions d'euros

TECHNOLOGIE - Alors que les forces de l'ordre devaient disposer d'un nouvel outil numérique pour enregistrer les dépôts de plaintes, ils devront attendre jusqu'en 2024 pour voir leur pratique se moderniser.

Il y a près de quatre ans, les policiers avaient bon espoir de voir leur quotidien révolutionner. Le progiciel Scribe, qualifié de "moderne" et d'"intuitif" devait leur faciliter la tâche, notamment lors de dépôts de plaintes. Mais, en dépit d'un investissement de 12 millions d'euros et de plusieurs années d'attente, ce projet est un échec, a rapporté France Inter.

Pourtant, "on y a tous cru", relatent des policiers. "Il y a trois ans, un enquêteur nous avait fait une belle démonstration depuis son clavier (...). Les policiers allaient pouvoir avoir de vraies arborescences, de vrais liens sur les écrans avec d'autres fichiers et logiciels internes (...). On ne pensait vraiment pas que tout allait planter sur Scribe", poursuivent-ils. 

L'abandon programmé du logiciel a ainsi provoqué la colère des plus hauts responsables de la police nationale ces dernières semaines. "Ce n'est pas le plus gros fiasco côté financier", note l'un d'eux. Néanmoins, "c'est pour nous 'LE' projet le plus symbolique car il touche au principal outil des enquêteurs : le logiciel de rédaction des plaintes".

Retard pris par CapGémini

Mais que s'est-il passé ?  L'élaboration du projet - envisagé dès 2017 puis confiée fin 2019 au géant des services informatiques, CapGémini - a pris un retard considérable en raison du départ du chef de projet, avec la moitié de son équipe, de la société prestataire. Dès 2020, un audit financier conclu alors que le projet Scribe fonce droit dans le mur.

Outre le projet avorté et les 12 millions d'euros partis en fumée, les responsables de la police nationale ont réalisé que le dossier, bétonné juridiquement, ne leur permettrait pas d'entreprendre un quelconque recours juridique contre CapGémini. D'après Beauvau, les torts seraient partagés entre les deux signataires du contrat. 

Aussi, pour pallier cette difficulté, plusieurs réunions ont été organisées ces derniers jours - y compris en présence du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a repris en main le dossier depuis son arrivée au gouvernement en juillet 2020 - afin de lancer un nouvel appel d'offres dans les mois à venir. Un nouveau logiciel pourrait ainsi voir le jour à l'horizon 2024.

Lire aussi

Cette décision intervient après l'annonce récente par le chef de l'État, Emmanuel Macron, d'une rallonge de 500 millions d'euros pour moderniser définitivement les équipements (informatiques et autres) des forces de l'ordre françaises. Mais pour l'heure, celles-ci devront se contenter de leur système actuel, appelé le LRP devenu "un vrai repoussoir", selon elles.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Le pass vaccinal remplace le pass sanitaire : tout ce qu'il faut savoir ce lundi

EN DIRECT - Covid-19 : contaminations et hospitalisations en hausse avant l'entrée en vigueur du pass vaccinal

Covid-19 : comment transformer son pass sanitaire en pass vaccinal ?

VIDÉO - Valérie Pécresse sur TF1 : "Je veux que 95% des Français ne payent plus de droits de succession"

EXCLUSIF - Présidentielle 2022 : découvrez les résultats de notre sondage quotidien du 21 janvier

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.