Enseignement des maths : un instit vous explique la méthode SLECC que Cédric Villani appelle à développer

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ÉDUCATION - Un rapport dévoilé ce lundi avance des pistes pour redonner le goût des mathématiques aux élèves français. Il propose notamment de développer le programme "SLECC", pour "Savoir Lire Écrire Compter Calculer". Le point sur cette pédagogie avec Didier Glad, enseignant dans la Meuse, qui l'utilise tous les jours dans sa classe de CP.

Redonner l’appétit des mathématiques à tous les enfants. C'est la tâche délicate à laquelle se sont attelés le député mathématicien Cédric Villani et l'inspecteur général de l'éducation nationale Charles Torossian, que le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a fait plancher sur le sujet durant trois mois. Leurs conclusions ? Un rapport, dévoilé lundi, qui comprend vingt et une propositions. Parmi elles : l'expérimentation à grande échelle du programme SLECC.


Celui-ci ne vous dit pas grand-chose ? Derrière cet acronyme se cachent pourtant les apprentissages fondamentaux que doivent maîtriser les écoliers : "Savoir Lire Écrire Compter Calculer". A l'origine du projet, le Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes (Grip). Cette association de professeurs, qui depuis le début des années 2000 prône le retour à un enseignement traditionnel, a mis sur pied des règles pour améliorer la pédagogie dans les écoles. La méthode est d'ores et déjà testé dans 1.000 classes en France, du CP au CE2.

"Des enfants vont adorer les maths, d'autres vont avoir une répulsion"

Parmi elles : celle de Didier Glad. Cet enseignant dans la Meuse, auteur de deux ouvrages à destination des enseignants souhaitant bénéficier du programme SLECC, résume ses bienfaits auprès de LCI : "C'est une méthode intuitive. Les enfants ont déjà du vécu, ils ont déjà vu des choses, et nous nous appuyons là-dessus".

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Cet institeur le reconnaît, les maths, c'est quitte ou double chez les élèves.  "Soit ils vont adorer, car ils comprennent et s'amusent avec cette matière. Soit ils vont avoir une sorte de répulsion." Pour éviter cette aversion, le programme SLECC s'appuie sur des méthodes explicites, qui consistent à faire manipuler des objets aux élèves, comme des bouliers ou des cubes, puis à verbaliser leur expérience. "J'ai des élèves de CP cette année, et nous avançons très doucement sur les nombres, nous explique Didier Glad. Je viens seulement de commencer le nombre 10, alors que d'autres de mes collègues sont plus avancés. Sauf que mes élèves utilisent déjà les quatre opérations. Dès qu'on arrive au chiffre quatre par exemple, ils voient que c'est 'deux fois deux' grâce aux cubes qu'ils ont entre les mains, et apprennent ainsi la multiplication." Un apprentissage dès le plus jeune âge tout sauf anodin : à l'heure actuelle, seules l’addition et la soustraction sont enseignées en CP. La multiplication arrive en CE1, et la division en CE2.


La méthode prônée par Didier Glad, et désormais par Cédric Villani et Charles Torossian, a d'ores et déjà fait ses preuves dans les 1000 classes de France où elle a été testée. C'est cette expérience que les auteurs du rapport souhaitent mettre à profit : ils appellent à "cultiver le sens des quatre opérations de calcul dès le CP". Du bon sens, estime Didier Glad. "Depuis les années 1960, on veut que les enfants fassent des découvertes par eux-mêmes. Sauf qu'un enfant, ce n'est pas un adulte en miniature. Il faut le guider."

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