Entre 22 et 37 milliards d'euros : la facture salée des canicules en France depuis 2015

Une photo prise lors de la canicule de juillet 2019 à Paris, où le mercure avant atteint 42,5°C.

FACTURE - Santé publique France s'est penchée sur les conséquences économiques des canicules. Après calculs, elle estime l'addition de ces périodes de fortes chaleurs entre 22 et 37 milliards d'euros depuis 2015.

C'est un poste de dépenses invisible et pourtant loin d'être négligeable. Selon Santé publique France, les canicules ont coûté, en France, entre 22 et 37 milliards d'euros de 2015 à 2020 en raison des décès, des frais médicaux et de la perte de bien-être.

Lors d'inondations ou de tempêtes, les assureurs entrent vite en jeu pour chiffrer les dégâts, particulièrement visibles. Mais les impacts des canicules, événements extrêmes pourtant les plus meurtriers, "sont rarement considérés sous un angle économique", regrette l'étude, publiée mardi 27 juillet dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, estimant que cela constitue "un frein à la mise en place d’actions en matière d’adaptation". Les chercheurs se sont donc penchés sur les canicules ayant touché la France métropolitaine de 2015 à 2020, des épisodes de chaleur extrêmes qui ont causé au total près de 10.000 morts.

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Canicule : la France face à une vague de chaleur exceptionnelle

En six ans, tous les départements métropolitains sauf trois (Côte d'Armor, Creuse et Finistère) ont subi au moins une vague de chaleur, pour un total cumulé de 2716 alertes journalières (vigilance orange ou rouge de Météo-France), soit 29,2 journées en moyenne par département.

Quelle que soit la méthode de calcul adoptée, "les coûts intangibles liés à la mortalité prématurée représentent la part majoritaire, soulignant un fardeau sociétal sous-estimé et largement invisible". Cela représente 30,2 milliards d'euros en utilisant une méthode basée sur le nombre de décès et 15,9 milliards sur celle basée sur le nombre d'années de vie perdues, indique l'étude. "Cette différence reflète la part importante des décès survenant chez des personnes âgées de 75 ans et plus (environ deux tiers des décès), dont l’espérance de vie est logiquement plus faible que celle du reste de la population générale", précisent les auteurs.

L'excès de recours aux soins, une addition à 31 millions d'euros

Arrive ensuite l'excès de recours aux soins (passage aux urgences, SOS Médecins, hospitalisations), qui représente 31 millions d'euros. Plus d'un tiers de ce montant a été observé sur la seule année 2019, avec des pics de passages aux urgences, notamment chez les jeunes. Au total, les passages aux urgences non suivis d’une hospitalisation sont valorisés à 4,3 millions

d’euros, et les consultations SOS Médecins non suivies d’une hospitalisation à 0,36 million d’euros, estiment les auteurs de l'étude.

La "perte de bien-être", elle, est estimée à 6,3 milliards d'euros. Elle n'a pourtant été calculée qu'en 2019 et 2020, seules années à avoir connu des vigilances rouges accompagnées de recommandations à éviter les déplacements et l'activité physique, de fatigue ou de diminution des capacités cognitives.

Les canicules ont coûté à chaque habitant 814€ en 5 ans

Malgré la mise en place d'un plan de prévention depuis 2004, les canicules continuent d'avoir un impact sanitaire et économique fort en France", insiste Santé publique France, soulignant l'exacerbation de la fréquence, de la durée, de l'intensité et de l'extension géographique de ces vagues de chaleur. Rapporté à la taille de la population exposée, l'impact économique des canicules depuis 2015 "s'établit en moyenne entre 72 euros par habitant en 2017 et 224 euros par habitant en 2020, pour un total sur la période de 814 euros par habitant"

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Alors que la barre des 40°C n'avait été dépassée qu'une fois dans les années 1960 et une fois dans les années 1970, elle est désormais franchie régulièrement en France. Depuis 2008, au moins une station de mesure dépasse les 40°C chaque année (sauf en 2014). Ces épisodes caniculaires sont donc moins rares, mais aussi plus longs. Face à cela, les résultats de l'étude de Santé publique France soulignent "l'urgence de mesures d'action permettant de renforcer l'adaptation aux canicules".

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