Eric Zemmour, la recette du succès

Eric Zemmour, la recette du succès

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DECRYPTAGE - Depuis la publication du "Suicide français", qui se vend comme des petits pains en librairie, Eric Zemmour envahit l'espace médiatique. Pourquoi est-il partout et pourquoi son ouvrage cartonne ? Metronews décortique les raisons de son succès.

Eric Zemmour fait carton plein. En plus d'envahir l'espace médiatique depuis la sortie de son livre Le suicide français, le journaliste bat des records de ventes : plus de 5000 exemplaires chaque jour. Mieux que le best-seller vengeur de sa consœur Valerie Trierweiler. Mais comment expliquer ce phénomène ? Metronews s'est penché sur sa recette.

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Se faire une petite place médiatique, pour un vulgaire écrivain, est un véritable chemin de croix. Mais Eric Zemmour a une particularité : il est un pur produit des médias. Propulsé par l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" sur France 2 entre 2006 et 2011, l'ancien journaliste du Figaro tient toujours une chronique hebdomadaire dans le Figaro Magazine. En plus de deux chroniques sur RTL,  un débat hebdomadaire sur I>Télé et une émission mensuelle sur Paris Première.

"Son expérience favorise son exposition parce qu'il est reconnu par ses pairs. Cela joue énormément sur sa 'marque', qui est déjà identifiée", analyse pour metronews Marie Lherault, sociologue des médias et consultante chez NPA conseil. De fait, il n'est pas aisé d'éviter Eric Zemmour ces jours-ci. L'essayiste a ainsi surgi dans la matinale de RTL, de BFMTV, l'access "C à Vous" sur France 5, le samedi soir dans "On n'est pas couché"...

Le bon client
En plus d'avoir grandi dans ce milieu médiatique, Eric Zemmour en a assimilé les codes. "Il maîtrise parfaitement le jeu médiatique et sait manier les joutes verbales. Il a intégré le principe du buzz et du zapping et construit ses phrases en fonction de ça", explique Marie Lherault. Et ce n'est pas le journaliste qui la contredira. "J’ai compris l’utilisation de la télévision dite de divertissement faite par la gauche depuis toujours pour endoctriner les masses", confiait-il au Figaro en septembre.

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En plus de garantir une bonne audience aux émissions qui l'invitent, Zemmour prolonge l'effet. Au lendemain de son passage chez ses anciens collègues d'"On n'est pas couché", l'auteur suscitait ainsi d'innombrables réactions. Ses vifs échanges avec les invités et les chroniqueurs ont fait le tour du web en quelques heures . Même chose en 2010 après son passage chez Thierry Ardisson sur Canal +. Plus d'un million de personnes ont vu et revu sur YouTube sa diatribe xénophobe : "La plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait". Des propos qui tomberont toutefois sous le coup de la loi.

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La victime
En plus de certaines idées, Eric Zemmour partage un argument avec le Front national : il se dit "marginalisé". Et passe donc son temps à justifier son "combat" contre la "doxa", la "pensée unique" ou encore les "conformistes". "Comme l'extrême droite, il a adopté une posture de victime. Et cela fonctionne malgré sa surexposition médiatique", ajoute la sociologue des médias. Le journaliste est ainsi le chouchou des milieux extrémistes qui ne cessent ne le citer à l'instar de Bloc identitaire . Même Marine Le Pen vole à son secours lorsqu'il dérape sur Christiane Taubira en 2012 : "Il représente une forme de quasi-dissidence vis-à-vis des élites autoproclamées du PAF et des éditorialistes alignés sur une bien-pensance convenue".

Des contradicteurs pas toujours au niveau
Eric Zemmour possède une qualité indéniable : il est extrêmement cultivé. Et il se mesure souvent à des interlocuteurs qui ont du mal à faire le poids, lui laissant tout le loisir de développer ses idées sans contradiction. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV lundi, l'écrivain a ainsi pu aborder l'immigration ou les mariages mixtes sans être corrigé sur ses nombreuses erreurs. Même chose face à Léa Salamé le 7 octobre sur France Inter, où le journaliste s'est rendu coupable de nombreuses intox. Il aura fallu attendre le travail de la presse écrite ( Le Monde , Libération ...), qui a évidemment plus de temps, pour distinguer le vrai du faux.

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