Et si votre fatigue était due à votre peur de la solitude ?

Et si votre fatigue était due à votre peur de la solitude ?

SOCIÉTÉ
DirectLCI
PSYCHO - Épuisé de chercher l'âme sœur, de combler ce vide que vous ressentez... La fatigue s'immisce partout dans notre quotidien et au lieu d'en faire une alliée capable de nous alerter sur notre état, nous cherchons à la combattre. Voici comment inverser la vapeur, si le sentiment de solitude que vous éprouvez devient handicapant.

"Tu as l'air fatigué", "Je suis crevée", "elle en a par dessus la tête"... Aussi présentes que ce sentiment, ces expressions plus ou moins imagées font partie de notre quotidien. La fatigue s'est immiscée dans notre vie au travers de notre travail parfois exigeant et aussi dans notre vie privée, sans que l'on y fasse vraiment attention. Dans Fatigue - Et si on apprenait vraiment à se reposer ? publié chez Flammarion/Versilio, les spécialistes Léonard Anthony et Adrian Chaboche plongent au cœur de cet état, l'analyse, le décrypte et donne quelques pistes pour apprendre à se reposer, réellement. LCI a choisi ici d'évoquer la fatigue issue de la solitude, "l'un des pires maux de la vie moderne" selon les auteurs.


L'épuisement issu de la solitude est depuis longtemps connu des spécialistes. Se sentir seul au sein de son entourage ou de sa famille provoque "un sentiment de vide et le poids du silence qui épuisent toutes les ressources". En 2017, une étude alarmante menée par le Crédoc indiquait d'ailleurs que 18% des jeunes, soit plus de deux millions, sont vulnérables socialement et ne passent du temps physiquement avec d'autres personnes que très rarement. Nous sommes bel et bien face à un réel problème de société et de santé publique puisque ce sentiment procure irrémédiablement des symptômes semblables à ceux de la dépression. 

Dans une étude publiée en mars dernier dans la revue médicale Heart, des chercheurs finlandais indiquaient d'ailleurs que "le sentiment de solitude" accroît le risque d'infarctus grave du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral".

Comment la reconnaître ?

Dans le livre de Leonard Anthony et du Dr Chaboche, le chapitre consacré à la fatigue due à la solitude fait le lien entre la fatigue physique et psychologique et "l'épuisement sentimental". "La recherche de l'autre peut être éreintante, nerveusement autant que physiquement", disent les auteurs. Pour eux, la pression psychologique liée à la recherche de l'âme sœur ou des pratiques sexuelles intenses, par exemple, épuisent nos ressources.  


Pour le sociologue David Le Breton, "la fatigue croissante n'est que le symptôme de la perte de sens résultant de l'accélération et de la pression que nos contemporains subissent chaque jour. Cela aboutit à un sentiment de dépossession de soi". Alors comment reconnaître cette fatigue liée à la solitude ? 


Vous pouvez être très entouré, avoir beaucoup d'amis et souffrir tout de même de solitude. L'exemple en est la tentation de se perdre dans la compagnie des autres qui n'est finalement qu'une fuite en avant et une peur d'être seul. Pris dans un cercle vicieux, vous redoutez la solitude dont vous souffrez déjà. Et pour cela, vous êtes prêt à vous aliéner pour plaire.


Une équipe de chercheurs de l'Université de Chicago démontrait en 2014 que le sentiment de grande solitude s'accompagne très souvent d'un sommeil perturbé, d'une tension artérielle élevée, d'une altération des cellules immunitaires et d'un accroissement des états dépressifs. Conséquence de quoi, la fatigue psychologique agit sur nos organismes et les épuise. 

Comment y remédier ?

Il est facile de dire que le meilleur moyen de combattre la fatigue est de se reposer. Mais avant d'en arriver là, il faut la connaître, l'écouter, comme l'indiquent les auteurs. Pour eux, la fatigue est "une alliée qui nous signale qu'il est temps de ralentir, de faire une pause, de s'arrêter avant que notre tête succombe au poids de nos inquiétudes et que notre corps lâche". 

Dans le cas de la fatigue liée à la solitude, ces spécialistes recommandent de ne pas laisser l'angoisse s'emparer de nous. "La peur de la solitude (...) habite nos paroles et chacun de nos gestes. A force de vouloir plaire, guidés par la peur, nous nous mettons dans la situation où on s'efface". 


Aussi, ils recommandent d'être soi-même. De dire la vérité à ceux que l'on rencontre, en expliquant par exemple, que "vous aimeriez découvrir quelque chose de vous-même avec quelqu'un". "C'est si reposant de présenter les choses telles qu'elles sont", disent-ils. Pour eux, "notre incapacité à être à l'aise avec qui nous sommes est à l'origine d'une grande partie des cas de fatigue sentimentale" et en ce sens, "il ne s'agit pas de s'aimer mais d'aller à la rencontre de ce qu'il y a sous notre peau". La clé serait de retrouver le plaisir que l'on a à être en notre propre compagnie. 


Comment y arriver ? "En partant en week-end seul". Car si l'on suit le raisonnement des auteurs, appuyé par les diverses expériences personnelles de leurs patients, se reconnecter avec soi-même, apprendre ou réapprendre à se connaître, à se faire confiance, permet de ne pas s'épuiser. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter