Euro 2016 : les attentats de Paris relancent la course à la sécurité

Euro 2016 : les attentats de Paris relancent la course à la sécurité

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FOOTBALL - Le "Rendez-vous", slogan pour l’Euro 2016, aura bien lieu. Depuis les attentats du vendredi 13 novembre toutefois, une problématique est au centre des interrogations : celle de la sécurité.

Les attentats de Paris menacent-ils l'organisation de l'Euro 2016 ? Depuis 2010, date à laquelle le comité exécutif de l’UEFA a confié à la France l’organisation de la compétition, le pays se prépare. Quelque 1,7 milliard d’euros sont consacrés à l’événement dont 290 millions de fonds publics, quatre stades ont fait peau neuve à Lyon, Lille, Bordeaux et Nice et d’importantes rénovations sont en cours dans les sept autres stades où se dérouleront les matchs. Pour la France, le pari économique est gigantesque. L’Euro pourrait rapporter, grâce aux 2,5 millions de spectateurs et aux 7 à 8 millions de supporters attendus, plus d’un milliard d’euros de bénéfices.

Lors de sa candidature, la France avait misé sur son savoir-faire et sa forte capacité à mobiliser pour assurer le bon déroulement de la compétition. Mais la sécurité du Championnat d’Europe 2016 pose désormais question. Du 10 juin au 10 juillet 2016, 24 équipes disputeront 51 matches répartis dans dix villes de France, dont huit en province. Contactée par metronews, la ville de Toulouse, où quatre matchs se dérouleront au Stadium municipal, confie que "la réflexion autour de mesures de sécurité accrues" a débutée. "Nous avons déjà été contactés par le ministère des Sports", indique Loïc Cuvelier, chargé de projets et communication à la direction des sports de la ville.

Un protocole entre l'Etat et la FFF

Du côté de Saint-Etienne Métropole, chargée de l’organisation du championnat au Stade-Geoffroy Guichard on précise toutefois que la sécurité ne dépend pas exclusivement de l’Etat : "La sécurité à l’extérieur des stades est gérée par les villes, la préfecture, l’Etat, mais la sécurité à l’intérieur du stade dépend de l’UEFA (Union des associations européennes de football, organisatrice, ndlr)."

En septembre dernier, un protocole avait été signé entre l’Etat et la Fédération française de football quant à la sécurisation de l’événement : "Les stades, camps de base, hôtels des équipes et de l’UEFA relèvent de la compétence de l’organisateur; la sécurité aux abords de ces lieux relève de celle de l’Etat", avait alors indiqué le ministère de l’Intérieur. Mais tout cela est intervenu avant la nuit d'horreur du 13 novembre dans la capitale, mais également aux abords du Stade de France où trois kamikazes se sont fait exploser.

Un coût supplémentaire pour les villes hôtes ?

Pour tenter de répondre au risque accru d’attentat, "une réunion technique aura lieu dans les prochains jours", indique le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Selon nos informations, seront présents à la concertation Patrick Kanner, Thierry Braillard, secrétaire d’Etat chargé des Sports, Jacques Lambert, président de Euro 2016 SAS, Nicolas Desforges, délégué interministériel aux grands événements sportifs et Alain Juppé, président du club des villes et sites hôtes de l’Euro 2016. "A ce stade, aucune mesures de sécurité supplémentaires n’ont été prises", indique l’entourage du ministre Patrick Kanner.

Pour les services de Saint-Etienne Métropole, l’issue de cette réunion pourrait avoir des conséquences sur le budget alloué la sécurisation du stade : "C’est à la municipalité de financer la sécurisation de l’extérieur du site. Depuis les attentats de janvier, les budgets avaient déjà été revus à la hausse. Ce pourrait encore être le cas cette fois-ci", affirme un responsable de l’agglomération. Et de préciser : "Nous ne sommes déjà pas loin du million d’euros". La note pourrait donc finir par peser sur le budgets des municipalités hôtes. Jacques Lambert, le président de Euro 2016 SAS, organisatrice de l’événement en France est lui limpide : "Ma principale préoccupation aujourd’hui, c’est d’offrir le niveau de sécurité maximal. Ne comptez pas sur moi pour parler du contenu des mesures et des moyens engagés."

"C’est l’incertitude totale"

Pour assurer "une sécurité maximale" la France compte également sur l’Europe : "Un rétablissement du contrôle aux frontières pourrait être sollicité auprès de la Commission européenne afin de permettre les contrôles de supporteurs à risque.", révèle Le Monde  d’après une instruction du ministère de l’Intérieur datée du 19 octobre dernier. Par ailleurs, les camps de base des 24 équipes qualifiées pour le tournoi "devront faire l’objet d’une prise en compte anticipée du dispositif opérationnel de sécurité".

Le 11 décembre prochain, à la veille du tirage au sort de la phase finale de l’Euro , le club des villes hôtes se réunira à Paris pour tenter d’organiser la mise en place des nouvelles mesures se sécurité prises par le gouvernement. Mais, indique t-on à Saint-Etienne Métropole, cette concertation est source d’inquiétude : "Tout est déjà programmé, et il faudra peut être tout réorganiser. C’est l’incertitude totale." Une seule chose est certaine, une compétition a bel et bien débuté pour l’Euro 2016 : celle de la sécurité. Et elle pourrait coûter cher. 

A LIRE AUSSI >> Notre dossier complet sur les attentats de Paris

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