Euthanasie : écrire ses "directives anticipées", mode d'emploi

SOCIÉTÉ

FIN DE VIE – Comme Vincent Lambert, dont le sort déchire la famille et le corps médical, 98% des Français n'ont pas écrit leurs "directives anticipées". Une précaution pourtant simple et rapide, qui permet de marquer noir sur blanc ses souhaits en situation de fin de vie et sans possibilité de s'exprimer.

C'est un droit que peu de Français connaissent, et qui n'est pas assez respecté, selon le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui vient de rendre un rapport sur la fin de vie. Rédiger ses "directives anticipées" peut pourtant se montrer très utile. Le cas de Vincent Lambert , plongé dans un état végétatif depuis un accident de voiture, en est l'illustration. Comme 98% des Français, ce dernier n'avait pas rempli ce document, sur lequel chacun peut exprimer ses souhaits sur la possibilité de limiter ou d’arrêter les traitements médicaux en situation de "fin de vie". Metronews vous explique comment procéder.

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Où me procurer le formulaire ?

Sachez avant toute chose qu'il vous faut être majeur pour avoir le droit de rédiger vos directives anticipées. Vous pouvez les écrire sur une feuille blanche ou sur un formulaire type. Il existe différents exemplaires, téléchargeables soit sur le site de l'assurance maladie ou sur celui de l' Association pour le Droit à mourir dans la dignité (ADMD).

Que dois-je écrire ?

Le premier formulaire vous demande de cocher (oui, non, je ne sais pas) les traitements susceptibles de vous être procurés en fin de vie, comme la réanimation, une trachéotomie, la réhydratation, l'alimentation artificielle, etc. Le second est pré-rédigé et préconise l'arrêt de toute forme d'acharnement thérapeutique. Le document doit impérativement être manuscrit.

Selon les formulaires, vous pouvez être amené à désigner ce que l'on appelle "la personne de confiance" : elle sera consultée en priorité par les médecins au moment d'une éventuelle prise de décision sur votre fin de vie. Vous la désignez par écrit, en déclinant bien, comme pour les directives anticipées, votre identité et la sienne (notice pour la "personne de confiance" ICI ).

Si je ne peux pas écrire moi-même...

Vous pouvez alors faire appel à deux témoins, dont un qui sera votre "personne de confiance". Les témoins doivent indiquer leur nom et qualité et leur attestation est jointe aux directives.

A qui les donner ?

Outre la personne de confiance, la déclaration doit être versée à votre dossier médical, afin que les médecins y aient facilement accès au cas où. Vous devez ainsi la remettre à votre médecin traitant ou demander à la joindre à votre dossier si vous êtes hospitalisé. Vous pouvez changer d'avis à tout moment et modifier vos souhaits. A noter que le formulaire est valable trois ans : n'oubliez pas, à l'issue de cette période, de renouveler vos souhaits.

Quelle application ?

La "directive anticipée" a cependant une limite : elle n'a pas de valeur contraignante. En clair : le médecin aura le denier mot et pourra choisir d'arrêter ou non le traitement, selon son appréciation de la situation. Une règle que souhaite justement changer le Comité consultatif national de d'éthique , qui recommande que les directives anticipées soient systématiquement suivies, "sauf exception parce que la situation ne s'y prête pas", selon le président de cet organisme.

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