L'opération d'évacuation du camp de Stalingrad est terminée, 3 852 migrants ont été pris en charge

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ÉVACUATION - Le démantèlement des campement de migrants de Stalingrad a commencé tôt ce vendredi matin, comme l'avait assuré Manuel Valls. L'opération s'est terminée un peu après midi. Au total, plus de 3 800 migrants ont été évacués vers des centres d'hébergement temporaires d'Ile-de-France.

L'opération d'évacuation s'est terminée un peu après midi. D'après la préfecture, ce sont au total 3 852 migrants, dont 339 femmes isolées et familles, qui campaient à Stalingrad (19e) qui ont été pris en charge. Ils ont été emmenés vers 78 centres d'hébergement temporaire en Ile-de-France. la fin pour eux d'une longue matinée.


A l'aube, sac sous le bras, les uns terminant une toilette sommaire, se brossant les dents sur un bout de trottoir, les autres déjà prêts attendant de monter dans un bus, les hommes, les femmes et les enfants qui occupaient ce campement, devenu le plus gros bidonville de France après celui - évacué - de Calais, ont été réveillés avant 6 h ce vendredi matin. 80 bus ont été prévus pour les évacuer.


Une dizaine de cars de CRS, en place depuis jeudi 19h, ont attendu le début de l’opération avenue Jaurès. Les bouches de métro ont été condamnées, l'avenue de Flandre fermée à la circulation, et les cris ont commencé : "Allez go, go, go !" hurle la police aux migrants qui s'empressent de rassembler leurs affaires. Au total, 600 policiers sont mobilisés. 

6h : top départ de l'évacuation

Selon la préfecture, qui a tenu un point presse sur place, "4 000 places" sont prévues pour accueillir les migrants de Stalingrad, dont un millier "dans des gymnases" le temps de libérer des places dans les CAO. 74 centres d'hébergement en Île-de-France vont aussi les accueillir. Comme le souligne la porte-parole de la préfecture, l'évacuation est opérée pour "des raisons "humanitaires" et pour "rétablir la tranquillité et la salubrité" : "Le but c'est de faire en sorte que cette opération se passe correctement".


Les migrants resteront dans ces lieux d'accueil entre une semaine à dix jours pour "se reposer" et être "pris en charge administrativement et médicalement". Ceux qui relèvent de la demande d'asile seront ensuite envoyés dans des centres d'accueil et d'hébergement (CAO) de province. 


Des femmes et des enfants ont été mis à l'écart de la foule par l'association France Terre d'asile. Plus précisément, entre 120 et 150 familles vont être prises en charge par la mairie de Paris : 1000 places ont été créées par la Ville. Les hommes isolés eux, seront répartis en Ile-de-France. "On savait qu'ils allaient venir", explique un Soudanais en faisant son sac. Déjà préparés, les collectifs ont eu le temps de se réunir et de prévenir les occupants des camps. A presque 6h, ces derniers commençaient déjà à faire la queue, demande d'asile à la main, sacs sur le dos et valise à leurs pieds. 

Mohammed, 22 ans, vient du Soudan et campe à Stalingrad depuis un mois. Il est heureux de partir quelque part où il fera "plus chaud". Ses amis et lui appréhendent cependant la suite car ils ne savent pas où vont les emmener les bus. Des dizaines d'associations, parmi lesquelles Emmaüs, sont rassemblées près des bus pour accompagner et informer les migrants. "Il s'agit avant tout de rassurer les personnes et de leur dire qu'ils ont des possibilités d'hébergement", a indiqué le directeur général Bruno Morel. Noumar, un marocain de 51 ans, pense pour sa part qu'il va partir vers le centre de la porte de la Chapelle et s'en réjouit. Il espère obtenir l'asile.

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La préfecture confirme l'ouverture de "4000 places" d'accueil

Évacué à plusieurs reprises, avec notamment deux évacuations record ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2 500 mises à l'abri) et le 16 septembre (près de 2 100), le campement s'était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines, disséminé sur plusieurs centaines de mètres, sous le métro aérien entre les stations Jaurès et Stalingrad, près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre plein de l'avenue de Flandres. Pour plusieurs associations, le grossissement de Stalingrad s'expliquait d'ailleurs par des reports depuis la "Jungle", avec l'arrivée de migrants cherchant un passeur pour la Grande-Bretagne. Thèse réfutée côté gouvernemental, où l'on met en avant les migrants venant sur ces campements dans l'attente d'une évacuation. 


La ministre du Logement Emmanuelle Cosse est sur place depuis le début de l'opération, rappelant que "depuis 20 ans, 17.000 offres de mises à l'abri" ont été faites dans les campements parisiens. "Le centre de la porte de la Chapelle ouvrira dans les prochains jours", a-t-elle annoncé. Invitée sur France 2 un peu plus tard, la ministre a rappelé qu'il s'agissait du trentième démantèlement parisien. Au total, "nous avons 118 000 places pérennes tous les jours qui nous permettent de mettre à l'abri. Plus de 20 000 personnes sont touchées". 

Les policiers interdisent de récupérer les tentes

À 7h30, soit une heure et demi après le début de l'opération, plus de 730 migrants étaient partis dans 15 bus. Du côté afghan, l'ambiance est détendue. De façon générale, l'évacuation se passe dans le calme et de nombreux migrants sont heureux de quitter les campements. Les Afghans ont eux été évacués vers Créteil. Les policiers ont empêché les associations de récupérer les tentes. Sous le métro aérien de Jaurès, les tractopelles ont commencé le déblaiement, alors que l'évacuation continue à Stalingrad. 

Depuis juin 2015, les campements se sont régulièrement reconstitués dans les quartiers proches de la gare du Nord, alimentés par des arrivées depuis la Méditerranée et des aller-retours entre la capitale et Calais. Pour empêcher la reconstitution de ces campements, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a décidé au printemps d'ouvrir un "centre d'accueil humanitaire" dans la capitale. Doté de 400 lits au départ, il accueillera les migrants quelques jours, avant de les répartir en CAO. Elle avait posé comme condition préalable à son ouverture l'évacuation du campement.

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