Évacuation, expropriations... : après l'abandon de NDDL, l'avenir de la ZAD reste un casse-tête pour le gouvernement

Société
LE JOUR D'APRÈS - L'annonce de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes est loin de régler tous les problèmes. L'évacuation des zadistes, qui refusent par avance de quitter le territoire, ainsi que l'épineuse question des agriculteurs expropriés, vont occuper le gouvernement durant les mois qui viennent.

Une décision qui ne règle pas tout. En annonçant mercredi le retrait du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement ouvre un nouveau chapitre de ce territoire de 1.650 hectares, au moins aussi complexe que le précédent.


La première question, évoquée par Edouard Philippe lors de son annonce, concerne le sort que les autorités vont réserver aux "zadistes" qui occupent le site depuis plusieurs années. "Les occupants illégaux de ces terres devront partir d'eux-mêmes d'ici le printemps prochain ou ils en seront expulsés", a indiqué le Premier ministre lors de son annonce. Il a précisé que "dès maintenant, les forces de l'ordre sont mobilisées pour que ce processus se déroule dans le respect de la loi et que les squatteurs libèrent progressivement les terres qui ne leur appartiennent pas."  Interrogé au JT de 20H de TF1, le locataire de Matignon a également exigé que les axes routiers qui traversent la ZAD soient évacués "dans les prochains jours".

31 mars, date-butoir

Si les zadistes ont jusqu'au printemps pour quitter les lieux, c'est, a confirmé l'Elysée à LCI, parce que les autorités doivent respecter la trêve hivernale (jusqu'au 31 mars), qui s'applique à Notre-Dame-des-Landes puisqu'il y a "des constructions en dur". "C'est un sujet juridique et un geste d'apaisement", a également expliqué l'Elysée, assurant qu'il n'y aura "plus de position illégale au-delà du printemps" et que l'Etat sera alors "fondé à employer les moyens coercitifs". "Je ne veux plus voir ce genre de Zad en France" a surenchéri Emmanuel Macron lui-même lors du Conseil des ministres. Des remarques de nouveau mises en avant par le chef du gouvernement dans le JT de 20H de TF1.

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INTERVIEW - Philippe sur TF1 : "Nous devons respecter la trêve hivernale" Edouard Philippe

Les zadistes ne cèdent pas

Problème : les occupants du site n'ont manifestement pas l'intention de quitter les lieux. Dans un communiqué, les mouvements composant la ZAD ont ainsi indiqué leur "refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre". 


Une intention confirmée lors d'une conférence de presse, mercredi après-midi, lors de laquelle ils ont réclamé "une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres" afin d'en faire, à l'avenir, "un espace d'expérimentation sociale, environnementale et agricole".  Bref, si le mouvement se maintient, c'est bien le scénario d'une évacuation par la force qui se profile au printemps, et ce malgré l'annonce de l'abandon de l'aéroport qui constitue une victoire pour les opposants au projet. 

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REGARDEZ - La conférence des zadistes après l'annonce d'Edouard Philippe

La question des expropriations

L'autre sujet, plus épineux encore, concerne la restitution des terres aux propriétaires légaux. S'il souhaite l'expulsion des "squatteurs", Edouard Philippe a indiqué mercredi que "les agriculteurs expropriés" dans le cadre du projet d'aménagement "pourront retrouver leurs terres s'ils le souhaitent". Concernant les parcelles non réclamées, l'Etat engagera "une session progressive du foncier", afin d'y accueillir de nouveaux "projets agricoles". 


Un chantier qui ne sera pas si simple. Les premières ordonnances d'expropriation ont été prises il y a cinq ans, et une partie d'entre elles ont fait l'objet de recours. Il faudra d'abord identifier les agriculteurs qui souhaitent récupérer leurs biens, malgré les indemnités éventuellement versées dans le cadre de l'expropriation. S'agissant des terrains de ceux qui ont accepté de relocaliser leur activité ailleurs, il faudra en outre négocier ces parcelles avec l'aménageur Vinci, qui en a hérité en vertu de la convention signée avec l'Etat. Il faudra enfin déterminer l'usage de ces terrains. Les zadistes ont défendu le principe d'une gestion collective, façon plateau du Larzac, ce qui n'est pas du goût de la Chambre d'agriculture départementale.  Celle-ci souhaite y voir s'installer de jeunes agriculteurs selon les règles classiques de la profession. 


Bref, des sujets qui, parmi tant d'autres, promettent de longs mois de discussion à l'Etat, aux acteurs locaux et aux habitants de la zone. 

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Notre-Dame-des-Landes : après l'abandon et l'évacuation, le dépôt des dossiers

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