Evacuation musclée d'un collège à Saint-Malo : trois enfants hospitalisés

SOCIÉTÉ

TENSIONS - L'évacuation d'un collège en Ile-et-Villaine, ce jeudi matin par les forces de police, a surpris parents et professeurs, venus protester contre la fermeture annoncée de l'établissement. L'inspecteur d'académie, qui a demandé la dispersion, confirme à metronews l'hospitalisation de trois enfants.

Le blocage a tourné court au collège Surcouf de Saint-Malo. Ils étaient une petite centaine de parents d'élèves et de professeurs à empêcher la tenue des cours, ce jeudi matin, devant cet établissement situé en zone d'éducation prioritaire, afin de protester contre l'annonce d'une fermeture prochaine. Vers dix heures, l'évacuation musclée par les forces de police a fait plusieurs blessés légers parmi les enfants.

"On se tenait devant le collège cadenassé avec des banderoles dès huit heures", précise à metronews Sylvie, une maman d'élève encore choquée, ce matin. "La police est intervenue manu militari et a foncé dans le tas. J'ai quitté le groupe pour protéger ma fille qui est en fauteuil, mais mon mari a été expédié d'une manière violente. On est vraiment sous le choc."

Contacté, l'inspecteur d'académie d'Ile-et-Villaine Christian Wilhelm confirme à metronews la prise en charge, à l'hôpital de Saint-Malo, de trois enfants légèrement blessés dans l'intervention. Et revient sur le déroulé des faits : "Vers 7h15, le chef d'établissement m'a appelé pour me prévenir de la présence de chaînes et de banderoles à l'entrée de son établissement. Lorsque les élèves et les personnels ont commencé à arriver, il a appelé les services de police."

Cellule psychologique ouverte

Sur la suite des événements - pour le moins mouvementés - il poursuit : " Je ne peux pas prendre le risque d'avoir 250 collégiens en danger sur la voie publique. J'ai donc demandé l'ouverture des portes du collège. Ce que je ne maîtrise pas, c'est ce qui s'est passé après... Apparemment, ça a été tendu. Mais à présent, tout est rentré dans l'ordre", précise-t-il, en annonçant l'ouverture d'une cellule psychologique dans l'établissement, pour élèves, professeurs et parents qui le souhaitent.

Le syndicat SNS-FSU 35, qui assure "n'avoir jamais vu ça", se dit "scandalisé" et évoque, au total, onze personnes légèrement blessées. Ce chiffre, pour l'heure, n'a pas été confirmé par nos sources. Quant aux trois ados envoyés à l'hôpital, il s'agit d'une élève de 6e et de deux élèves de 3e. Ils souffrent respectivement, selon l'inspecteur Christian Wilhelm, "d'un hématome à la cheville, d'un genou blessé et d'une luxation du poignet".

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