Ex-"jungle" de Calais : que deviennent les femmes ?

SOCIÉTÉ
MIGRANTS - Deux jours après le démantèlement total de la "jungle", les mineurs encore sur place ont commencé mercredi à partir de Calais. Jeudi ou vendredi, ce sera au tour des 380 femmes, mineures et adultes, ainsi que de leurs enfants, de quitter le bidonville pour se rendre dans des centres d'accueil et d'orientation.

Le transfert des 1500 mineurs isolés encore hébergés au centre d'accueil provisoire (Cap) de Calais a pris fin mercredi après-midi. Reste encore à effectuer celui des femmes (mineures et adultes) et de leurs enfants. Selon les associations jointes par LCI, elles seront les derniers habitants de la "jungle" à être évacués, à partir de "jeudi ou vendredi". On estime qu'elles sont 380 actuellement hébergées dans le centre d'accueil Jules Ferry, un ancien centre aéré jouxtant l'ex-"jungle".


Mais que va-t-il advenir de ces femmes qui, pour beaucoup, rêvent toujours d'Angleterre ? Elles vont être envoyées dans différents endroits vers des centres d'accueil et d'orientation (CAO) destinés aux femmes seules ou aux familles, où seront étudiées leurs demandes d'asile en France ou de transfert. "Beaucoup d'entre elles veulent passer en Grande-Bretagne", confirme Stéphane Duval, directeur du centre Jules Ferry. 


Et certaines le pourront au titre du rapprochement familial. En effet, beaucoup de femmes que nous avons rencontrées à Calais assuraient avoir un conjoint ou de la famille proche de l'autre côté de la Manche. Encore faut-il que le membre de la famille en question possède des papiers ou que sa demande d'asile soit en cours. 

Le fait qu’elles puissent partir en Angleterre n’est pas évident du toutChristian Salomé, président de L'auberge des migrants

Mais même avec tous ces éléments réunis, ce n'est pas gagné pour autant. "Le fait qu’elles puissent partir en Angleterre n’est pas évident du tout", abonde Christian Salomé, le président de l'association L'auberge des migrants. Il n'y a aucun engagement du gouvernement anglais à ce sujet". 


"La majorité espère pouvoir partir en Angleterre car il y a eu un départ de mineurs isolés là-bas il y a dix jours", ajoute Christian Salomé. Ils ont été accueillis au titre de l'amendement britannique "Dubs", qui prévoit l'accueil de tous les enfants réfugiés vulnérables et sans famille. Depuis le 17 octobre, près de 300 mineurs environ avaient pu quitter Calais pour la Grande-Bretagne.


Mercredi dernier, plusieurs dizaines de femmes, majoritairement érythréennes et éthiopiennes, avaient manifesté dans la "jungle" de Calais. Elles réclamaient de "l'aide" et des "réponses". Quelques-unes d'entre elles tenaient des banderoles pour faire entendre leur message. "Nous sommes des femmes de Calais, nous voulons aller au Royaume-Uni", pouvait-on lire sur l'une d'elles.

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