Expulsions : la fondation Abbé Pierre dénonce un bilan "décevant et inquiétant" en 2021

Expulsions : la fondation Abbé Pierre dénonce un bilan "décevant et inquiétant" en 2021

LOGEMENT - La fondation Abbé Pierre dénonce notamment les expulsions dites "sèches", sans relogement ou hébergement pour les locataires, une pratique "appliquée inégalement selon les territoires", "sans anticipation ni pérennité".

"Alors que débute la trêve hivernale des expulsions, le bilan des expulsions de l’année 2021 s’avère décevant et inquiétant". La fondation Abbé Pierre, qui lutte contre le mal-logement, dans un communiqué de presse publié ce lundi 25 octobre, fait état de 6600 expulsions au 30 septembre en 2021, citant des chiffres provisoires du ministère du Logement. Le chiffre "devrait dépasser les 8000 ménages à la fin du mois d'octobre", précise la Fondation. C'est deux fois moins qu'en 2019 (16.700).

En 2020, 3500 expulsions ont été recensées, car les procédures ont été gelées par la crise sanitaire. L'État avait en effet prolongé la trêve hivernale 2020 jusqu'au 31 mai, en donnant instruction aux préfets de ne pas accorder le concours de la force publique pour les exécuter.  En mai 2021, la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, estimait à "30.000" le nombre d'expulsions en attente. "Il n'y a pas eu d'explosion" post crise sanitaire, souligne Manuel Domergue, directeur d'études à la fondation, contacté par LCI. "Cette année 2021 semble être à mi-chemin entre une mauvaise année en termes d'expulsion comme 2019, et une bonne année comme 2020", juge-t-il.

La fondation dénonce les expulsions "sèches"

Toutefois, si la fondation a "salué" la disposition prise par le gouvernement de prolonger la trêve, et sa proposition de "certaines mesures visant à éviter une explosion des expulsions", elle "constate, à la veille de la nouvelle trêve hivernale, qu’elles n’ont pas été suffisantes", souligne-t-elle dans le communiqué. 

Dans une circulaire, l'État a demandé aux préfets de ne pas procéder à des expulsions dites "sèches", c'est-à-dire sans relogement ni hébergement, tout au long de l'année. D'après la fondation, qui cite toujours le ministère du Logement, ces dernières ont toutefois représenté "73% des expulsions du mois de juin", puis "23% en juillet et en août". 

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La pratique a été "appliquée inégalement selon les territoires, comme si certains préfets agissaient selon leur bon vouloir, et s’est souvent traduite par la mise à disposition d’hébergements temporaires, le jour même de l’expulsion, sans anticipation ni pérennité", fustige l'organisation.

La fondation appelle par ailleurs les autorités à mettre en place "une réelle politique publique de prévention des expulsions", à savoir "une politique d'aide de paiement des logements", le paiement "d'aides exceptionnelles", compte tenue de la période de crise, "davantage d'enquêtes sociales" pour identifier les locataires en difficulté, ainsi qu'une "politique auprès des bailleurs sociaux, pour accueillir des ménages expulsés", détaille Manuel Domergue. 

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