Retards induits, voyageurs énervés : face au pic de colis oubliés, la RATP veut alerter

Retards induits, voyageurs énervés : face au pic de colis oubliés, la RATP veut alerter

TRAFIC – En moyenne, sept colis suspects sont répertoriés chaque jour sur le réseau de transport parisien. Un niveau exceptionnellement élevé, en hausse de 60% au premier semestre 2016 par rapport à 2015. La RATP lance une campagne de sensibilisation.

C’est un petit "plaisir" que ceux qui n’habitent pas Paris ne peuvent pas vraiment connaître : l’arrêt des transports en commun à cause des colis suspects. L’histoire est souvent la même : vous étiez déjà en retard, vous avez cavalé. La rame qui arrive est bondée. Vous arrivez néanmoins à vous y glisser, le nez dans l'écharpe de votre voisin. mais vous commencez à souffler : le plus dur est fait. Sauf que la rame ne démarre pas. Ça traine. Et, bientôt vous entendez : "En raison d’un colis suspect, le trafic est perturbé sur la ligne… " Soupirs, et grincements de dents. C'est un matin parisien dans les transports en commun. Excellent test pour les nerfs, essayez. 

Et depuis quelque temps, ce genre d’alerte a même eu tendance à se multiplier : 7 colis suspects sont déclarés en moyenne chaque jour sur le réseau... qui est du coup perturbé plus de 4h30 par jour.  Un niveau "exceptionnellement haut", indique la RATP. D’après les chiffres, dans le contexte de vigilance accrue qui découle du plan Vigipirate, le nombre de colis signalés a même bondi de 60% au premier semestre 2016, par rapport à la même période de 2015. D’autant que dans la foulée des attentats de janvier et novembre 2015, le nombre de signalements avait déjà doublé entre 2014 et 2015. 

La ligne A du RER la plus touchée

Certaines lignes sont plus touchées que d’autres : en tête du palmarès, la ligne A du RER, qui a subi 95 heures d’interruption de trafic depuis janvier 2016. Elle détient ainsi la jolie palme de 30% des signalements de colis suspects du réseau.

Et, à chaque fois, les conséquences sont lourdes : en moyenne, le trafic est interrompu 40 minutes pour chaque objet déclaré par la police. A chaque fois en effet, la même procédure est appliquée : un voyageur oublie son sac ; un voyageur le signale à un agent RATP ; la régie des transports prend les premières mesures, diffusion d'alertes sonores, évacuation des voyageurs, et appelle un agent de police, qui détermine s’il s’agit d’un colis suspect, et appelle le démineur. La RATP modifie le trafic en conséquence… le temps qu’arrive le démineur, qui détruit le sac. Lorsque tout est fini, la RAPT régule le trafic qui reprend progressivement. Du début à la fin, il s’est passé une heure…  Et se sont entassés sur les quais des centaines de passagers énervés. 

Pour déminer tout ça, la RATP veut faire preuve de pédagogie. Elle va donc lancer à partir de ce mercredi 7 décembre une campagne de sensibilisation pour inciter les voyageurs à être plus attentifs à leurs affaires personnelles. Elle va notamment réexpliquer la procédure qui s’enclenche lors de la découverte d’un objet abandonné, via des affiches placardées sur les quais, dans les couloirs et dans les rames, ainsi que des messages sur les réseaux sociaux, notamment via le mot-dièse ComColisSuspectRATP.

La régie des transports essaie aussi de traiter le mal à la racine, en revoyant les procédures d’intervention, pour éviter autant que faire se peut l’intervention systématique des équipes de déminage. Depuis début décembre, une expérimentation est ainsi menée, avec la mise en place d’équipes cynophiles susceptibles d’intervenir dans 32 stations de métro et 8 gares de RER et ce, pendant les 6 prochains mois. Pour l’instant, quatre de ces "chiens renifleurs" sont déployés sur le réseau, comme cela se fait déjà à la SNCF et dans les aéroports parisiens. 

Quoi qu'il en soit, dans un contexte d'alerte attentat, l'allègement des procédures reste délicat pour la RATP, coincée entre les nécessaires mesures de sécurité, et la volonté de limiter au maximum l'impact pour les usagers : en décembre 2015, les syndicats avaient fait grève. Ils accusaient la régie de "mettre la pression à des conducteurs", par exemple en les faisant entrer en gare alors que des colis suspects avaient été identifiés. 

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    En vidéo

    JT 20H - Des agents de la RATP et de la SNCF armés

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