Facebook : méthodes controversées, panne géante... pourquoi le réseau social est-il (encore) dans la tourmente ?

Facebook : méthodes controversées, panne géante... pourquoi le réseau social est-il (encore) dans la tourmente ?

TOURMENTE - Le géant américain est secoué par les révélations d’un nouveau lanceur d’alerte. Quelques jours seulement après la panne géante de ses services.

Facebook n'en finit pas avec les controverses. Un nouveau lanceur d'alerte accuse le réseau social, d'après le Washington Post ce vendredi, de saper les efforts de lutte contre la désinformation et de modération des contenus jugés problématiques. Et ce alors même que le mastodonte américain tente toujours de s'extirper du scandale causé par les révélations de son ancienne ingénieure Frances Haugen.

Méthodes controversées, désinformation, ingérence électorale... Cela fait plusieurs années que l'entreprise de Mark Zuckerberg aux quelque 3,5 milliards d’utilisateurs mensuels est ébranlée par les polémiques. Mais cela ne devrait pas s'arrêter de sitôt. Selon le site spécialisé The information, un consortium de plus d'une douzaine de médias, de CNN à Le Monde, s'apprête à publier une série d'articles autour des documents de ses ex-employés.

Une influence sur les jeunes ?

En quittant Facebook en mai 2021, Frances Haugen avait emporté avec elle de nombreux documents issus de recherches internes à l'entreprise, avant de les confier au Wall Street Journal.

Mi-septembre, le quotidien américain s'en était servi pour révéler les dérives des réseaux sociaux et notamment leurs influences sur les jeunes. Dans une étude de l'entreprise américaine, 32% des adolescentes jugeaient que l'utilisation d'Instagram leur avait donné une image plus négative de leurs corps, rappelle Franceinfo.

"Si nous voulions ignorer la recherche, pourquoi créerions-nous un programme d'études de pointe pour comprendre ces problèmes importants ?"- Mark Zuckerberg, patron du groupe

Un mois plus tard, face au Sénat américain, l'ingénieure n'a pas mâché ses mots. Facebook était bien conscient du problème et toujours selon l'ex-employée, a minimisé son rôle sur la psychologie de millions de jeunes qui se connectent tous les jours au réseau.

Dans un message sur Facebook, le patron du groupe a répondu sans détour aux accusations : "Si nous voulions ignorer la recherche, pourquoi créerions-nous un programme d'études de pointe pour comprendre ces problèmes importants ? Si nous ne nous soucions pas de lutter contre les contenus préjudiciables, pourquoi embaucherions-nous autant de personnes qui s'y consacrent ?"

Le réseau social a désactivé ses filtres contre les "fake news"

Facebook est aussi accusé d'avoir consciemment désactivé des filtres contre les fake news après l'élection présidentielle américaine en novembre 2020. L'objectif : augmenter la fréquentation de ses plateformes.

"Le réseau s'est rendu compte qu'en changeant l'algorithme pour plus de sécurité, les utilisateurs passaient moins de temps sur la plateforme, cliquaient sur moins de publicités, et eux, gagnaient moins d'argent", expliquait Frances Haugen à la chaîne américaine CBS, début octobre.

Deux mois après la victoire de Joe Biden, la colère de nombreux conservateurs et conspirationnistes avaient explosé au Capitole, le 6 janvier. Ce à quoi avait répondu Nick Clegg, le vice-président de Facebook, le siège du Congrès "incombe aux personnes qui ont infligé les violences et à ceux qui les ont encouragées, dont le président [Donald] Trump."

"Ce sera un feu de paille"

Le nouveau lanceur d'alerte, révélé vendredi par le Washington Post, accuse cette fois que le réseau fait passer les profits de l'entreprise avant les enjeux humains. Dans ce document, l'ancien employé relate notamment des propos tenus en 2017, quand l'entreprise décidait de la meilleure façon de gérer la polémique liée à l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, via sa plateforme.

"Ce sera un feu de paille. Des élus vont râler. Et d'ici à quelques semaines, ils seront passés à autre chose. En attendant, on imprime de l'argent au sous-sol et tout va bien", aurait alors déclaré Tucker Bounds, un membre de l'équipe de communication de Facebook.

D'après le Washington Post, le deuxième lanceur d'alerte assure dans sa déposition que les managers de Facebook sapaient régulièrement les efforts de lutte contre la désinformation et les discours haineux par peur de mettre en colère Donald Trump et ses alliés, et pour ne pas risquer de perdre l'attention des utilisateurs, essentielle à ses profits.

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Facebook disparaît d'internet, début octobre

Comme les malheurs n'arrivent jamais seuls, Facebook a subi au début du mois la panne la plus importante de son histoire. Dans la nuit du 3 au 4 octobre, ses services sont restés indisponibles pendant près de 6 heures, faisant complètement disparaitre Whatsapp, Instagram et Facebook d'internet.

Mark Zuckerberg aurait alors perdu plus de 6 milliards de dollars en quelques heures, faisant tomber sa fortune à 121,6 milliards.

Mais cet incident rappelle à quel point le réseau social est important alors même que son directeur tente tant bien que mal de minimiser son pouvoir hégémonique sur le marché des nouvelles technologies.

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