Une, deux, trois ou quatre ? Faire la bise, une tradition française qui ne plaît pas à tout le monde

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FRENCH KISS – Perte de temps, gêne, risque de propager des virus... Une maire iséroise en a marre de devoir faire la bise à tout le monde et le fait savoir. A l'étranger, cette tradition fait souvent sourire (ou grimacer). La psychosociologue Dominique Picard, auteure de "Pourquoi la politesse ?", décrypte pour nous cette coutume française.

Faire la bise à tous ses collègues ? Elle a fini par trouver ça insupportable. Aude Picard-Wolff, maire du village de Morette (Isère), a décidé d’écrire aux 73 membres du conseil communautaire pour leur expliquer qu’elle "n’en peut plus" : "Je souhaite pouvoir arriver à l'heure et faire comme les hommes avec les autres hommes : serrer la main à toutes les femmes et à tous les hommes à la place des deux bises habituelles." 


Son but : lancer le débat sur ce "geste qui ne signifie plus rien" qui ferait perdre du temps, augmenter les risques de transmettre des maladies, et qu’elle considère comme "une petite inégalité entre les hommes et les femmes", développe-t-elle dans le Parisien.  

Inégalitaire, la bise ? En tout cas, cette spécificité française suscite régulièrement la curiosité et l’amusement, mais aussi l'agacement. Un humoriste britannique, Paul Taylor, avait tapé dans le mille en janvier 2016 en publiant une vidéo se moquant de cette manie très "frenchy", "l’une des choses qui [l'] énervent le plus dans le fait de vivre" chez nous.


Publiée sur la chaîne Youtube de son collectif French Fried, cette séquence (voir ci-dessous) où celui qui n'avait "jamais touché le visage d'un autre mec" avant de venir à Paris raconte son embarras lorsqu'il se retrouve pour la première fois face à une femme ("Est-ce que je lui serre la main ? Est-ce que je lui fais une bise ?..."), approche désormais les 3 millions de vues. A l'occasion, nous avions interrogé la psychosociologue Dominique Picard, auteure de Pourquoi la politesse ? Le savoir-vivre contre l'incivilité (éditions du Seuil). Nous vous proposons de relire son éclairage.

Interview originellement publiée le 2 février 2016.

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