Nos enfants ont-ils vraiment tendance à "pourrir" les vacances ?

Nos enfants ont-ils vraiment tendance à "pourrir" les vacances ?

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AMBIANCE - Ça y est, le moment tant redouté, oups... tant attendu, est arrivé : les vacances ! Enfin pas toujours pour les parents. Entre la confection des valises, le sempiternel "quand est-ce qu'on arrive ?" et, une fois sur place, le traditionnel "j'm'ennuie", cette période estivale, a priori idyllique, peut vite virer au scénario catastrophe. Courage, la rentrée c'est dans deux mois.

On les attend avec impatience les grandes vacances en famille. L'occasion de partager des moments tous ensemble, petits et grands, loin d’un quotidien souvent stressant. Pourtant, ce scénario rêvé peut tourner au casse-tête lorsque l’on est parents. Et si l'on en croit Olivier, alias Papa Chouch, un père de famille qui amuse la Toile (330.000 fans sur Facebook) avec ses conseils 100% mauvaise foi, il ne faudrait même JAMAIS partir en  vacances avec ses enfants, surtout quand ils sont très jeunes. 


Et d'égrener toutes les raisons à cela dans un livre qui vient de paraître ("Quand est-ce qu'on arrive ?" aux éditions Jungle !) : "Chaque jour, à 7 heures du matin si tu es chanceux, des mini-versions de toi viendront sauter sur ton lit en te demandant 'On fait quoi aujourd'hui ?'. Chaque jour tu redouteras la venue de la pluie. Si elle vient, tu n'auras pas le choix : il faudra déclarer le salon 'zone sinistrée'. Chaque jour, tu seras capable de vider ton porte-monnaie. Pas pour leur faire plaisir, non, mais pour t'accorder tes seules minutes quotidiennes de calme le temps qu'ils fassent le tour de ce manège aussi fatigué que toi", écrit-il.

Les Français voient leurs vacances comme une sorte de rêve d’harmonie et de recentrage familial. Mais souvent dans ce tableau idyllique, il y a un hic. L’ado et son humeur imprévisible...Ronan Chastellier, sociologue

Mais partir avec ses ados n'est pas non plus une sinécure. Selon un sondage OpinionWay pour Homair Vacances, 63 % des Français estiment qu’il n’est pas simple de passer des vacances avec des adolescents. C’est même ce que pensent 7 Français sur 10 s’agissant des parents d’ados âgés de 13 à 18 ans !


Et ce, pour de multiples raisons : selon 57% des personnes interrogées, les ados ne sont jamais contents du programme et "cassent l’ambiance" avec leurs remarques négatives (26%) ; 56% des Français déplorent le fait que les ados ne parlent pas et végètent, le regard rivé sur leurs smartphones, complètement dans leur bulle ; 42% des personnes interrogées estiment par ailleurs que les ados en vacances ne font rien et surtout qu’ils n’aident pas ; 39% considèrent qu’ils se lèvent trop tard et n’ont pas d’horaires (32%), ce qui casse le rythme familial ; enfin, pour 22% des Français, personne ne sait jamais où sont les  adolescents et ils ont une certaine tendance à ramener d’autres ados pour vider le frigo (11%).


Pour le sociologue, Ronan Chastellier, "les Français voient leurs vacances comme une sorte de rêve d’harmonie, de proximité et de recentrage familial. Mais souvent dans ce tableau idyllique, il y a un hic. L’ado et son humeur imprévisible, son 

individualisme forcené, son irrespect des horaires", décrypte-il. Conséquence, en période de vacances, la cohabitation avec son ado peut s’avérer problématique "alors que justement on espère un resserrement du lien, du partage générationnel et

globalement une régénération familiale".

Quant aux activités à pratiquer en famille, difficile de contenter tout le monde. Ainsi, toujours selon le sondage OpinionWay pour Homair Vacances, confrontés à la mollesse et au manque d’entrain de son ado, 62% des Français estiment qu’il faut "un peu lui forcer la main", l’obliger à pratiquer un minimum d’activités, quelle que soit son envie. Et pour près de 70% des Français parents d’ados, l’existence de multiples activités pour occuper leurs enfants et adolescents est LE critère de choix de leurs destinations de vacances d'été.


Enfin, sujet particulièrement sensible avec les ados : les devoirs de vacances. 79% des Français pensent qu’il faut obliger leurs ados à en faire, mais il y a plusieurs écoles : 22% de manière assez intense, 57% de manière "light" pour éviter tout rejet. Résultat, "pour éviter les heurts, le mieux est sans doute de respecter le côté 'in & out' des ados, l’intégrer tout en lui laissant une certaine latitude, faire deux équipes en quelque sorte", souligne Ronan Chastellier.

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