Fanta, 3 ans et demi, bloquée cinq jours en zone d'attente à Roissy

SOCIÉTÉ

DROIT D'ASILE – Début juin, la petite Fanta, Ivoirienne âgée de trois ans et demi, s'est retrouvée bloquée pendant cinq jours dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy. Son père tentait alors de la faire venir de Côte d'Ivoire, avec de faux papiers. Selon nos informations, le Défenseur des droits s'est saisi de l'affaire.

Ses parents voulaient qu'elle échappe à l'excision, fréquente dans sa région d'origine. Samedi 6 juin, Fanta, trois ans et demi, embarque dans un avion en Côte d'Ivoire, direction la France, aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. À ses côtés, son papa est du voyage. Parce qu'il fait l'aller-retour en urgence, il n'a pas eu le temps d'enclencher une demande de regroupement familial et a emprunté les papiers d'une autre petite Française du même âge, afin que sa fille passe la frontière.

Mais à Roissy, Fanta reste bloquée au poste de contrôle. Le subterfuge est découvert et tous deux sont placés en zone d'attente pour personnes en instance (ZAPI), où les autorités françaises retiennent les étrangers non admis et les demandeurs d'asile. "Comme le papa était muni d'une carte de séjour italienne, il a été relâché après 22 heures de détention, mais Fanta, elle, est restée détenue pendant cinq jours", nous explique Richard Moyon, bénévole pour Réseau Education Sans Frontières (RESF), qui a relayé l'information.

Le Défenseur des Droits saisi de l'affaire

"Dans quelles conditions la petite Fanta a-t-elle été retenue ? Personne ne le sait !" renchérit, scandalisée, Claudette, membre de l'association Afrique Partenaire Service, en lien avec la famille depuis le début. Finalement, au bout de cinq jours d'attente, Fanta comparaît devant le Juge des libertés. Un administrateur ad hoc est chargé de la représenter, comme l'exige la loi, et obtient sa remise en liberté. Mercredi, Fanta a retrouvé sa famille, mais la lumière reste à faire sur cette histoire.

Car le maintien en zone d'attente d'un mineur est en contradiction avec la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Un principe qui n'a pas échappé au Défenseur des Droits. Selon nos informations, l'institution a été saisie de l'affaire. "On ne place pas un enfant en rétention lorsqu'il n'a pas commis de délit", nous confirme un porte-parole.

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Alors, comment en est-on arrivé à détenir un bébé en zone d'attente pendant cinq jours ? Pas de réponse pour l'heure. Une chose est sûre : "Ce genre de situation arrive de moins en moins. En 2012, le Défenseur a demandé au ministère de l'Intérieur que d'autres moyens soient trouvés, comme l'assignation à domicile." Dès vendredi, l'association Afrique Partenaire Service prévoit d'engager une demande d'asile pour la fillette.

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