Faut-il boycotter les armes en plastique pour ses enfants à Noël ?

Faut-il boycotter les armes en plastique pour ses enfants à Noël ?

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LA QUESTION - Vendredi dernier, l’enseigne de jouets Toy R us a annoncé retirer de ses rayons des références de jouets ressemblant à des armes à feu. L’idée : que ces jouets ne soient pas source de confusion pour les forces de l’ordre. Mais plus généralement, en plein traumatisme des attentats de Paris, que faut-il penser de ces répliques d’armes à feu pour les enfants ? Eléments de réponse avec la pédopsychiatre Angélique Cimelière.

La semaine dernière, en réaction aux attentats de Paris, l’enseigne de jouets Toys’R’Us a fait retirer de ses magasins français 23 références de jouets ressemblant à des armes à feu. Un nouveau combat pour la non-violence ? Pas forcément. La décision a d’abord été prise parce que ces jouets ressemblaient à s’y méprendre à des armes à feu, et pouvaient être "source de confusion pour les forces de l’ordre", a expliqué la direction. La concurrence s’est aussi lancée dans la course au désarmement : Joué Club a annoncé avoir réduit "les gammes de ce type de produits" et compte "accélérer cette démarche et ne mettra plus de copie d'armes de combat dans ses prochains catalogues".

Dans les deux cas, impossible de savoir si la mesure est provisoire ou non , alors que Noël se profile. Toys’R’Us a d’ailleurs reconnu que la mesure ne représentait qu'un petit nombre de références, et que d'autres jouets, type sabre laser ou pistolets à eau, seront toujours vendus. Car les deux enseignes ne prennent pas position sur le fond du débat : que penser de ces jouets pour enfants ? Est-ce bon ou mauvais ? La réponse revient évidemment aux parents. Pour éclairer le débat, éléments de conseils avec la pédopsychiatre Angélique Cimelière, auteure du blog psypourenfant.com .

Que penser des armes en plastique comme jouets pour enfants ?
A la base, tout le monde n’est pas d’accord sur l’achat de ce type de jouets pour les petits, d’autant que beaucoup de parents pensent que cela renforce la ségrégation entre les garçons et les filles : on offre des armes aux petits garçons et pas aux filles. Ce constat est cependant à nuancer : depuis quelques temps, des gammes se développent, comme la marque Nerf Rebelle, qui proposent des arcs ou des répliques d’armes dans les tons roses ou violets, pour les filles. Mais ces jouets peuvent d’autant plus poser problème à certains parents que ces répliques sont très bien imitées. C’est ça qui choque. Elles sont tellement ressemblantes qu’il y a eu des exemples de parents arrêtés à l’aéroport parce qu’ils transportaient les armes factices de leurs enfants.

Comment expliquer que les enfants sont attirés par les armes, et jouer à la guerre ?
Il ne faut pas directement y voir de la violence. Cela vient surtout d’une envie de faire comme les grands, en jouant aux policiers et aux voleurs, aux gentils et aux méchants. Ces rôles sont plus symboliques qu’autre chose, ça ne veut pas dire que le comportement sera plus tard violent. En général d’ailleurs, dans les jeux d’enfants, ce sont toujours les gentils qui gagnent !

Avec les attentats, doit-on éviter d’offrir ce type de jouets ?
En ce moment, en effet, les événements passés font qu’on va davantage se poser la question d’offrir ce type de jouet. En fait, c’est l’adulte qui se projette et qui n’arrive pas à acheter cette arme. Mais à court terme, pour Noël, pourquoi ne pas en effet éviter d’offrir ce type de cadeau à son enfant, tout en lui expliquant la démarche et le pourquoi ? Car de toute façon, si l’adulte est mal à l’aise mais achète quand même ce jouet pour faire plaisir à son enfant, il lui posera de nombreuses conditions pour s’en servir et l’enfant sera frustré. Il est aussi possible que ces attentats provoquent l’effet inverse chez les petits : qu’ils en viennent à réclamer un "revolver pour tuer les méchants". Là encore, il faut discuter, leur dire que ce n’est pas à eux de faire cela, que c’est aux adultes et surtout aux policiers de nous protéger. Dans tous les cas, il vaut mieux prendre les devants plutôt que les laisser cogiter. Cela peut même déboucher sur des dialogues intéressants.

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