Fessenheim : la fermeture de la centrale ne sera pas décidée avant la fin du quinquennat Hollande

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REBONDISSEMENT - Le sort de la plus vieille centrale nucléaire de France est toujours incertain. À l'issue d'un conseil d'administration sous tension, EDF a finalement décidé que la fermeture de Fessenheim dépendrait de la mise en service du nouveau réacteur en construction à Flamanville. Pour le gouvernement, cette décision rend la fermeture de Fessenheim "inéluctable". Pour la CGT, la fermeture d'une autre centrale reste possible.

La plus vieille centrale nucléaire de France ne fermera pas... tout de suite. Le conseil d'administration d'EDF se prononçait ce jeudi sur le sort du site de Fessenheim, que François Hollande avait promis de fermer d'ici 2018. Alors que les administrateurs indépendants d'EDF auraient pu faire basculer le vote, ils ont décidé de ne pas voter sur une fermeture immédiate du site et ont finalement choisi de repousser cette fermeture, qui dépendra désormais de la mise en service du nouveau réacteur de Flamanville, actuellement en construction.


En fin d'après-midi, la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, estimait que cette issue est  "enfin une bonne décision" qui rend la fermeture de Fessenheim "irréversible et inéluctable". Pourtant, cette fermeture ne pourra pas être décidée avant la fin du quinquennat de François Hollande, comme ce dernier l'avait promis, car la mise en service du nouveau réacteur EPR de Flamanville n'interviendra pas avant fin 2018.


Pour la CGT, opposée à la fermeture de Fessenheim, la décision prise cet après-midi par le conseil d'administration d'EDF laisse ouverte la possibilité de fermer une autre centrale nucléaire que Fessenheim, une fois que celle de Flamanville fonctionnera. Plusieurs centaines de salariés d'EDF manifestaient jeudi devant le siège de l'entreprise où avait lieu ce conseil d'admnistration crucial.

Dans un un communiqué, le syndicat affirme que "le Conseil d'administration d'EDF n'a pas voté la demande d'abrogation de fonctionnement de la centrale nucléaire de Fessenheim. Malgré la pression folle mise par l'Elysée et par la ministre de l'Ecologie sur les administrateurs indépendants, ceux-ci ont rempli leur mandat qui est de préserver l'intérêt de l'entreprise."


"L'État entérinera juridiquement cette décision dans les prochains jours", a déclaré Ségolène Royal après le vote du conseil d'administration d'EDF. "Cette décision était attendue, cette décision s'intègre complètement dans la loi de transition énergétique", a-t-elle ajouté. Cette loi fixe un plafond de 63,2 gigawatts de production d'électricité d'origine nucléaire. Conséquence : quand le nouveau réacteur EPR de Flamanville sera connecté au réseau d'électricité, un autre réacteur devra être "déconnecté". Pour le gouvernement, ce sera celui de Fessenheim. Pour la CGT, pas forcément.

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