Fêtes de Noël : Castex encourage l'école buissonnière, les parents fulminent

S'appuyant sur le Conseil scientifique, Jean Castex a recommandé aux Français qui veulent réveilloner l'esprit tranquille sans risquer de contaminer leur proche, de s'autoconfiner pendant une semaine. Comment le mettre en pratique ?

RÉACTIONS - Le Premier ministre Jean Castex a suggéré ce mardi que les enfants qui le peuvent n'aillent pas à l'école jeudi et vendredi afin de limiter les risques de contamination à Noël. Une annonce qui provoque la bronca des parents d'élève, déjà éprouvés après des mois d'école à la maison.

La délivrance avant l’heure pour les enfants, la soupe à la grimace pour les parents. Après une lente baisse des indicateurs du Covid-19 au cours des dernières semaines, la situation se dégrade à nouveau. Pour limiter le risque de troisième vague en janvier, à quelques jours de jours de Noël, le Premier ministre Jean Castex, reprenant à son compte une recommandation du Conseil scientifique, encourage l’école buissonnière. "À chaque fois que cela est possible, surtout si on doit recevoir à Noël des personnes vulnérables, le Conseil scientifique (...) a dit (...) si vous pouvez ne pas emmener vos enfants à l'école jeudi et vendredi (...), vous le faites", a déclaré le chef du  gouvernement ce mardi matin sur Europe 1.

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En substance : pas d'obligation, une simple préconisation, a tenu cependant à préciser le cabinet du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Une "tolérance" sera appliquée jeudi et vendredi pour les absences des élèves qui s'auto-confinent avant les fêtes. En cas d'absence, les parents devront toutefois prévenir les établissements scolaires, précise-t-on. À la suite de cette annonce, de nombreuses familles ont reçu un SMS leur indiquant que la présence de leur enfant en cours n'était pas requise, tout en précisant que l'accueil des élèves sera assuré malgré tout.

Si on commence à dire que l’école est facultative jeudi et vendredi, les enfants n’y comprennent plus rien- Isabelle, mère de deux collégiens

Du côté des parents, à l’instar d’Isabelle, mère de deux collégiens, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement en a décidé ainsi, d’autant plus que les enfants ne sont pas le vecteur principal de l’épidémie. "Mes enfants comme leurs copains portent des masques depuis la rentrée des classes. Le collège est strict et fait respecter les gestes barrières. Donc théoriquement, pas de risque de se contaminer à l’école", souligne la mère de famille. Et de poursuivre : "Les cours viennent tout juste de reprendre normalement, si on commence à dire que l’école est facultative jeudi et vendredi, les enfants n’y comprennent plus rien. Je vais être impopulaire auprès de mes enfants mais ils iront à l’école jeudi et vendredi", soutient-elle.

D'autres encore s'inquiètent pour la scolarité des enfants déjà lourdement affectée par les deux mois de confinement en mars et avril et une reprise parfois dans des conditions extrêmement chaotiques, de manière hachée depuis la rentrée de septembre. "Combien de jours encore les enfants vont-ils être privés d'école Mr Castex ? C'est Non. Nous préparons la génération de demain et, vous, vous la sacrifiez", fulmine, sur le réseau social Twitter, un autre parent d'élève. 

L’immense majorité des familles déplore par ailleurs le délai extrêmement court pour s’organiser. "Incroyable de demander ça, aujourd'hui... Comment font les parents ? Ah ! oui, c'est vrai les grands-parents sont là pour ça. Là, ils ont droit", commente, agacé, un père de famille sur le réseau social Twitter. Les enseignants et les professeurs des écoles, quant à eux, prennent cette annonce avec philosophie. "J'avais prévu de faire cours jeudi et vendredi et je ne suis plus sûr de le faire. Du coup, si j'ai cinq ou six élèves seulement, ce sera films de Noël jeudi et vendredi pour ne pas pénaliser les autres (pas le temps de préparer de la remédiation)", explique ainsi une enseignante. 

Du côté des syndicats d'enseignants, on déplore l’impréparation du gouvernement. "Il y avait une solution très simple, c’était de dire que les vacances commencent jeudi. De la sorte, nous aurions pu confiner les enfants, mais aussi les enseignants, les CPE, les assistants d’éducation, les assistants d’élèves en situation de handicap, les chefs d’établissement, les personnels administratifs, soit un million de personnes", relève Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges

(Snalc). 

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Devant la bronca, l’Éducation nationale a assuré ce mardi que l’ensemble du personnel enseignant sera pour sa part en poste. 

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